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ANNEXE A
DENTRAINEMENT DU KENYA AUX OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX
1 INTRODUCTION
Léquipe dévaluation a visité le Kenya entre le 14 et le 18 juillet 1996. Lannexe J offre un compte rendu complet de litinéraire.
2 ETENDUE DU PROJET
Le rapport de létude sur la capacité dentraînement au maintien de la paix des Forces Armées du Kenya est présenté de la façon suivante:
- historique: la participation du Kenya aux opérations de la paix;
- la philosophie de lentraînement aux opérations de la paix;
- lentraînement des unités pour les opérations de la paix;
- le rôle de lEcole Militaire de lEtat Major du Kenya; et
- les commentaires et recommandations par pays.
3 HISTOIRE DE LA PARTICIPATION DU KENYA AUX OPERATIONS DE LA PAIX
En tant que membre de la communauté internationale, le Kenya donne tout son support aux initiatives de maintien de la paix, au niveau international, des Nations Unies (ONU). Le Kenya accepte de contribuer aux opérations de maintien de la paix qui reposent sur le consentement des partis dans le pays hôte, mais se méfie des opérations dimposition de la paix. Le Kenya perçoit celles-ci comme une contradiction du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures dun état membre, tel quil est indiqué dans la Charte de lOrganisation dUnité Africaine.
Le Kenya a contribué de la façon suivante aux opérations de maintien de la paix régionales et de lONU:
- Zimbabwe (CMFZ) 1979-1980;
- Tchad (OUA) 1981-1982, Observateurs Militaires;
- Iran/Iraq (UNIMOG) 1988-1990, Observateurs Militaires;
- Namibie (UNTAG) 1989-1990, Contingent de Troupes et Observateurs Militaires;
- Sahara Occidental (MINURSO) 1992-1995, Observateurs Militaires;
- Mozambique (ONUMOZ) 1992-1995, Observateurs Militaires;
- Ancienne République Yougoslave (UNPROFOR) Observateurs Militaires et Bataillons, 4 roulements;
- Liberia (UNOMIL) (Observateurs Militaires);
- Ruanda (UNAMIR) (Observateurs Militaires); et
- Angola (UNAVEM III) (Observateurs Militaires).
Le Gouvernement du Kenya a participé à UNOSOM et UNAMIR en facilitant lapprovisionnement de laide humanitaire: ports, aéroports, transports routiers, et autres supports logistiques.
Les officiers de lArmée du Kenya ont aussi occupé des postes supérieurs dans les rangs des Nations Unies, en particulier:
- Commandant des Forces, du Commonwealth au Zimbabwe;
- Sous Commandant des Forces, UNTAG, Namibie;
- Président du Comité de Surveillance, UNOMOZ, Mozambique;
- Commandant des Forces, UNOMIL, Liberia;
- Commandant de Secteur, UNPROFOR, FRY;
- Officier Supérieur des Liaisons Militaires, UNPROFOR; Chef dEtat Major, SECTOR, UNMOZ;
- Observateurs Militaires Supérieurs, UNOSGI, Téhéran;
- Commandant de Garnison, UNPROFOR; et
- un représentant au Département des OMP des Nations Unies à New York.
Le Kenya a produit 220 Observateurs Militaires au total provenants de tous les corps darme, et six bataillons ont été exposés aux opérations de maintien de la paix. Lexpérience acquise est utilisée de façon remarquable. Linformation sur les missions passées est répertoriée. En plus des institutions nationales dentraînement, les officiers de lArmée du Kenya reçoivent un entraînement dans plusieurs institutions à létranger, au Royaume Uni, aux Etats Unis, au Pakistan et en Inde. La plupart de ces cours ont des composantes vouées au maintien de la paix, et/ou à la résolution des conflits.
4 LA PHILOSOPHIE DE LENTRAINEMENT AU MAINTIEN DE LA PAIX
Le Département de la Défense est convaincu que lentraînement au maintien de la paix doit émaner de la maîtrise de pratiques militaires de base, fondamentales aux opérations de maintien de la paix contemporaines, telles que:
- commandement;
- communications;
- connaissances informatiques;
- orientation et lecture de cartes;
- utilisation des armes;
- système dalerte et stratégies;
- patrouille;
- mouvement de troupes et barrages;
- entraînement physique; et
- droit international des conflits armés.
Les troupes doivent être complètement familières avec lenvironnement et lhistoire du conflit avant leur déploiement. Le Droit International Humanitaire est ainsi inclus dans tous les programmes dentraînement et à tous les niveaux.
5 ENTRAINEMENT DES UNITES POUR LES OPERATIONS DE LA PAIX
A ce jour, la plupart du cours voué au maintien de la paix consiste en trois mois dentraînement de pré-déploiement vers les régions de mission pour les troupes et létat major. Lentraînement cherche à changer les attitudes, pour compléter léthique du soldat avec celle dun soldat de la paix en insistant sur limpartialité, la négociation, la médiation.
Lentraînement est centré sur la dimension spéciale des opérations de maintien de la paix, car les soldats ont déjà maîtrisé les pratiques militaires de base avant dêtre sélectionnés pour les unités de maintien de la paix. Il serait donc plus approprié de parler de préparation, plutôt que dentraînement, aux opérations de maintien de la paix. Ainsi, cette préparation cherche à ajuster les attitudes et les approches envers les devoirs militaires. Le soldat apprend que, le soldat de la paix ne doit pas prendre parti. L entraînement est aussi orienté vers la protection des qualités essentielles et la transmission de pratiques spécifiques au maintien de la paix.
Tous les soldats de lArmée du Kenya sont entraînés au Centre dEntraînement des Recrues pendant six à sept mois, avant dêtre placés dans leurs groupes et de continuer leur spécialisation et formation de commandement. Cet entraînement initial comprend les aspects suivants:
- étapes de guerre (avance, attaque, défense, et rétro-opérations jusquau niveau de sous-unité);
- escorte, patrouille, piège, devoirs des guardes et des sentinelles;
- contrôle des mouvements des troupes (barrages, et points de contrôle);
- traitement des Armes et mousqueterie;
- endurance et condition physique;
- navigation et lecture de cartes;
- communications, équipements militaires et civiles, linguistiques, modes de répartition;
- méthodes de survie;
- premièrs secours, hygiène et santé;
- administration, et procédures de logistique; et
- terrorisme et anti-terrorisme.
Le Quartier Général de lArmée du Kenya est responsable de la sélection et du rassemblement des officiers et des troupes, et de lentraînement du contingent, dans le contexte de lentraînement réservé au maintien de la paix. Ceci comprend:
- létablissement dobjectifs dentraînement;
- lapprovisionnement logistique pour lentraînement; et
- lidentification de locaux satisfaisants pour lentraînement; et
- contrôle de l entraînement.
Les responsabilités du QG de lArmée du Kenya, quant à lentraînement au maintien de la paix sont:
- léquipement et le maintien des troupes;
- la coordination des mouvements des troupes dans les quartiers généraux de lONU;
- ladministration des mouvements du personnel dans les régions de mission;
- ladministration des membres de familles du personnel déployé dans la région de la mission;
le roulement du personnel.
LArmée du Kenya pourvoit les armes, les véhicules, et léquipement pour les contingents, tandis que les besoins supplémentaires sont pris en charge par lONU.
La durée de lentraînement, de six et dix semaines, spécifique à la mission, de tous les groupes et du personnel, dépends de la nature et de la complexité des opérations, et comprend:
- les résolutions des Nations Unies et de lOUA, ainsi que certaines résolutions du Conseil de Sécurité;
- lorganisation de lONU et de lOUA et de leurs organes spécifiques;
- des relations entre le secteur civil et le secteur militaire, ainsi que des agences civiles et des organisations telles que, le HCR et le Comité International de la Croix Rouge;
- du Droit International Humanitaire;
- historique du conflit;
- analyse du mandat de la mission;
- composition de la force et support logistique; et
- méthodes de négociation et de médiation.
Jusquà présent, il ny a pas eu de cours sur lhistoire du maintien de la paix. Cependant, un programme de formation a été préparé à ce sujet, et sil est approuvé par le Commandant des Forces Armées du Kenya, il sera intégré dans lentraînement de base des recrues. La nécessité de programmer et d instituer un entraînement intermédiaire, entre les recrues et lEtat Major, a aussi été reconnu.
Il ny a pas encore dentraînement spécifique aux missions ou à leurs historiques, pour les Observateurs Militaires et les spécialistes. Dans la pratique, des cours basés sur lorientation de certaines missions ont été établis par lONU dans la région de la mission; cet arrangement a été jugé suffisant jusqu à présent.
Quant aux institutions dentraînement, le niveau le plus élevé dans le secteur de lentraînement au maintien de la paix, sera éventuellement promulgué par lEcole Militaire Nationale du Kenya, qui est encore à ses débuts, et les premiers cours sont encore en préparation. Aujourd hui le niveau d entraînement le plus élevé est atteint à lEcole Militaire de lEtat Major du Kenya, Karen, lécole militaire de commandement et détat major des Forces Armées du Kenya.
6 LECOLE MILITAIRE KAREN DE LETAT MAJOR DU KENYA
6.1 Historique et Organisation
Karen a été établie le 4 janvier 1984. Le premier cours sest déroulé de 1984 à 1985. Ce cours navait pas délément voué au maintien de la paix. Cependant le deuxième cours avait incorporé un module sur le maintien de la paix qui est encore appliqué.
LEcole Militaire Karen est une école militaire dentraînement des Forces Armées du Kenya. LEcole entraîne des officiers (Lieutenant Colonels et Majors) des trois corps: lArmée de Terre, lArmée de l Air, et la Marine. LEcole entraîne aussi des officiers des pays amis. Le dernier cours proposé a vu la participation dofficiers de la Tanzanie, du Malawi, de la Zambie, de la Namibie, et du Royaume de Swaziland. Le centre offre un entraînement au maintien de la paix destiné seulement à létat major. Il est centré sur la coopération entre diverses nationalités. Dautres aspects de lentraînement tels que le mouvement de la logistique sont couverts dans les cours du collège des autres branches de lArmée. Le programme du Collège est centré sur le concept des services communs, avec une certaine préférence pour les opérations de terrain. Les modules du programme comprennent un entraînement spécifique au maintien de la paix en cours de révision. La révision cherche à incorporer les concepts courants des opérations de maintien de la paix, jugés nécéssaires à cause de la nature dynamique des conflits contemporains.
LEcole est financée par le gouvernement du Kenya. Il y a un programme déchange détudiants entre les collèges du Kenya et ceux de la Tanzanie, pour le personnel et un programme déchange entre le Royaume Uni et le Kenya pour le personnel de Direction. Le Kenya envoie aussi des étudiants dans des collèges de pays tels que les USA, le Royaume Uni, le Pakistan, lInde, et le Bangladesh.
Le programme de lEcole dure 46 semaines, débutant en août et terminant au mois de juillet de lannée suivante. Il y a 36 étudiants, mais le centre peut entraîner jusquà 48 étudiants. Les étudiants sont séparés en trois groupes de 12 étudiants chacun. Les méthodes dinstructions comprennent:
- des lectures, des discussions en groupe, des exercices;
- des jeux de rôle;
- de la recherche et la présentation des résultats;
- des exercices pratiques sur le terrain;
- des films; et
- des visites et des tours.
LEcole est sous la direction dun Major Général et de son député, Brigadier. Il y a trois Colonels, deux dentre eux sont à la tête des équipes de Rédaction et dEnseignement, respectivement. Le troisième est le Chef de lEtat Major de lEcole Militaire, ou Colonel en charge de lunité de coordination. Il y a 12 Lieutenant Colonels, 6 par équipe mentionnée. La moyenne entre les étudiants et le Personnel de Direction est de 1 pour 3.
Les membres du Personnel de Direction sont sélectionnés parmi trois corps de lArmée en fonction de leur expérience, connaissances, et capacités dinstruction. Tout le Personnel de Direction et les officiers supérieurs du centre ont pris part à la formation au maintien de la paix. La plupart du Personnel de Direction et certains des étudiants ont été exposés au maintien de la paix. Un deux a été déployé en Iran et en Yougoslavie, il a aussi participé à MAPEX organisé par le UK Camberley Staff College à Addis Abéba en 1996.
Des 35 étudiants présents, 10 ont été déployés dans des missions de maintien de la paix, en tant quobservateurs, moniteurs ou soldats de la paix.
LEcole Militaire peut prendre en charge 48 étudiants, et offre également un cour intensif daoût à mi-septembre.
6.2 Aides à lInstruction
LEcole dispose de léquipement suivant:
- Quatre pièces pour les groupes, dune capacité de 12 étudiants chacune.
- Une salle de conférence qui peut contenir jusquà 100 étudiants.
- Une pièce audiovisuelle.
- Une librairie contenant plusieurs ouvrages et publications sur le maintien de la paix.
- Une salle de planification des cours.
- Le collège dispose aussi dun équipement moderne.
6.3 Administration et Logistique
Parce que le cours fonctionne en résidence, toute ladministration est traitée par la Branche Administrative de lEcole Militaire, dirigée par un Officier de Commandement et son personnel, qui sont aussi responsable des Quartiers des Officiers pouvant accommoder plus de soixante personnes, et de la Station de Réception Médicale (lhôpital militaire principale est situé à 15 kilomètres). LEcole Militaire reçoit le support logistique du Groupe Logistique des Forces Armées. Une extension téléphonique est pourvue pour chaque étudiant, elle provient dun échangeur qui est integré au système de communication des Forces Armées. Lechangeur est aussi relié aux systèmes de communication civiles. Situé à 25 km dun aéroport international, le centre est très accessible.
Lorsque les étudiants, étrangers ou nationaux, ont été sélectionnés pour le programme, ils reçoivent du matériel de préparation, au moins deux mois avant le début des cours. Ce matériel comprend des manuels pour les étudiants, qui présentes toutes les informations nécessaires. Les étudiants étrangers sont transférés de laéroport jusqu au centre.
LEcole Militaire a accepté les premiers étudiants étrangers au cours numéro 7 de 1991/92. Le nombre total détudiants étrangers diplômés est de 29, soit 16,8% du nombre total des étudiants diplômés depuis le cours numéro 7.
6.4 Le Programme pour le Maintien de la Paix
Le centre voue un total de 17 cours de 40 minutes chacuns au maintien de la paix des Nations Unies. Ces périodes sont utilisées de la façon suivante:
- introduction au maintien de la paix de lONU;
- définitions;
- procédures détablissement des opérations des Nations Unies;
- composition dune Force;
- nomination dun Commandant des Forces des Nations Unies;
- direction et support dune Force; et
- principes et entraînement au maintien de la paix.
Les périodes de discussion sont précédées d une lecture sur lhistoire des Opérations de maintien de la paix des Nations Unies, dextraits de la Charte de lONU, et d une varieté de publications de lONU.
Une journée et demie (12 périodes) est consacrée à un exercice de maintien de la paix. Lexercice a été développé par le Collège. Il utilise une île fictive appelée KATAMA, située à 500 km au Nord Est de lIle Maurice. Une force de maintien de la paix doit être déployée sur lîle. Lexercice cherche à enseigner:
- la compréhension de la complexité des conflits contemporains;
- les négociations et les procédures nécessaires à la formation dun mandat de lONU;
- les procédures détablissement dune opération des Nations Unies;
- la composition de la Force et la sélection dun commandant des Forces;
- le déploiement dune force de maintien de la paix; et
- la maintenance dune force de maintien de la paix.
6.5 Programme de Maintien de la Paix
LEcole Militaire a identifié le besoin de révision du programme présent, afin de promouvoir létude des opérations de maintien de la paix. Le programme proposé, en cours de révision, sera de 47 périodes ( 30 de plus que dans le programme actuel), et ajoutera les éléments suivants:
- Cours. 10 périodes de cours sur le maintien de la paix couvriront lOrganisation et le rôle des Nations Unies (3 périodes), les Opérations de Maintien de la Paix de lONU (3 périodes), le rôle des autres agences internationales spécialisées (2 périodes), et les défis des opérations de maintien de la paix multifonctionelles (2 périodes).
- Discussions en Groupes. 7 périodes ont été prévues pour ces discussions en groupes et couvrent des sujets tels que: la doctrine du maintien de la paix élargie et son futur (2 périodes), Les Opérations de Coordination de Support de la Paix (1 période), Etudes de Cas (4 périodes).
- Exercices. Un exercice de carte, adapté sur le modèle du UK Camberley Staff College, est prévu pendant quatre jours (28 périodes). Lexercice est destiné à tester toutes les facettes des opérations de maintien de la paix du Département des Opérations du Maintien de la Paix de lONU (OMP) sur le terrain.
Les cours et travaux pratiques vont préparer les étudiants à participer à lexercice dorientation, qui est basé sur une crise complexe en Afrique, et qui demande aux étudiants de résoudre les quatres problèmes suivants:
- Problème 1 - Conseil de Sécurité de lONU. Lexercice commence au niveau du Grand Stratégique avec une simulation rudimentaire dune réunion du Conseil de Sécurité. Les étudiants, représentant les membres du Conseil de Sécurité, vont produire une résolution et un mandat pour le déploiement dune force de maintien de la paix de lONU dans un pays Africain fictif nommé MERANGO.
- Problème 2 - Planification de lOpération de Support de la Paix au Niveau Stratégique Militaire. Les étudiants représentant le personnel du Département des Opérations de Maintien de la Paix, traduiront le mandat en directive stratégique, formuleront le programme, et feront les plans nécessaires au déploiement et au soutien des troupes.
- Problème 3 - Plan de Campagne du Commandant de la Force - Les étudiants, regroupés en sous-unités et représentant le personnel dune force multinationale, vont développer un plan de campagne pour la conduite des opérations.
- Problème 4 - Niveau Tactique - Les étudiants vont devoir résoudre une série de problèmes, comprenant des aspects tels que, lutilisation de la force, consentement et impartialité.
En conclusion, lEcole Militaire de lEtat Major a admis le besoin dun entraînement au maintien de la paix plus détaillé. Il est espéré que la révision du programme sur le maintien de la paix sera plus adapté.
7 COMMENTAIRES ET RECOMMANDATION PAR LE PAYS HOTE
Le Département de la Défense a insisté pour que sa participation dans les opérations de la paix soit mandatée et subventionnée au niveau des Nations Unies, il a aussi exprimé des doutes quant à la légitimité dune opération mandatée par l OUA seule. Cela nest pas pour dénigrer les efforts et le rôle de l OUA, mais il y a une préoccupation sur la capacité de toute initiative régionale de maintien de la paix, de maintenir le principe essentiel dintégrité. Il y a aussi une dimension morale et éthique impliquée dans lidée dune intervention militaire pour empêcher ou mettre fin à des tragédies comme les génocides. Il est certain que seule lONU a la résponsabilité morale et l autorité pour prendre de telles décisions.
Le Département de la Défense souhaiterait voir le développement de programmes, au niveau politique, clarifiants les limites du maintien de la paix, afin quil puisse participer de façon plus complète et plus confidentielle aux opérations dans le futur. Une approche et une doctrine communes sont nécéssaires pour les opérations de maintien de la paix au niveau international. Cela devrait être articulé, peut être par les Nations Unies, afin que les pays qui contribuent aux troupes puissent mieux comprendre les règles du jeu. La contribution de lOUA à ce sujet serait dassurer que la doctrine prenne en compte les valeurs, coutumes, et traditions africaines. Cela devrait être lié à toutes les opérations de support de la paix, de la diplomatie préventive jusqu aux interventions militaires.
Cependant le souci principal repose sur secteur du maintien de la paix aggravé, lorsque les besoins liés à lautodéfense impliquent une perte de limpartialité et de la neutralité, rendant difficile la réponse des agents de maintien de la paix. Le besoin de consultation des organisations régionales, telles que lOUA, par les Nations Unies, avant denvoyer un mandat de support de la paix dans les régions spécifiques, est aussi jugé nécessaire. Cela permettrait au Conseil de Sécurité de sappuyer sur les connaissances des organisations régionales sur les causes et lhistoire des conflits, et contribuerait à la formulations de résolutions plus appropriées et plus réalistes.
Le Département de la Défense considère les aspects suivants, comme étant les implications les plus pertinentes au concept de maintien de la paix élargie:
- Aller du maintien de la paix à limposition de la paix est une réponse inappropriée au conflit en Afrique, où la cause la plus fréquente des conflits est au niveau de la gestion de lEtat .
- Lorsquune opération dimposition de la paix se transforme en opération de maintien de la paix, il doit y avoir une phase dintervention, consistant en un processus politique plutôt que militaire, entre les opérations. La paix doit être rétablie avant dêtre maintenue.
Limposition de la paix nécessite la décision dentrer en guerre, sans pour autant avoir des objectifs de guerre. Il y aura donc clairement un manque fondamental de soutien politique et de volonté daccepter les sacrifices qui y sont liés.
- Les guerres civiles sont bien plus complexes que les conflits internationaux. Leurs causes ont des dimensions religieuses, linguistiques, éthniques, et culturelles. Cela implique que le rétablissement de la paix ne peut être suggéré quen dernier recours. Dautres options peuvent être explorées avant de choisir le rétablissement de la paix.
Le Département de la Défense estime que les procédures suivantes doivent être prises en compte lors de la considération des opérations de la paix:
- La mission militaire doit être définie de façon claire, ses objectifs tirés de programmes politiques, raisonnablement délimitée dans le temps, et être un mécanisme de formation des forces.
- Les forces militaires doivent être inserées le plus tôt possible au cours de lurgence, mais seulement après que tous les moyens pacifiques de résolution des conflits soient épuisés.
- Lintervention militaire doit réduire les pertes de vies humaines, pas les accroître.
- Les efforts pour le maintien de la paix doivent être collectifs (multi-nationaux), sous les auspices des Nations Unies.
- La force militaire doit être capable dinfluencer de façon fondamentale lévolution de la situation.
- La force militaire ne doit être déployée dans des opérations de maintien de la paix que lorsqu elles ont un avantage évident sur les agences civiles.
- Laspect financier doit être résolu et les règles dengagement finalisées, avant le déploiement.
- Limpartialité est une nécessité.
Il a été suggéré que le positionement préalable de léquipement dans les bases logistiques régionales soit modifié de façon à ce que les forces sélectionnées puissent sentraîner au maniement de léquipement quils vont utiliser et dont ils dépendront.
Le Kenya na pas formalisé un système de réserve de troupes, mais peut sélectionner et entraîner un contingent de la taille dun bataillon en cas de besoin. Tous les soldats sont volontaires, donc il n y a pas de restriction constitutionnelle au déploiement dindividus pour opérations de la paix des Nations Unies.
Il est ressenti que les expériences et les leçons tirées des missions passées et présentes ne sont pas partagées suffisamment pour permettre aux officiers de lArmée du Kenya de rester informés des derniers courants didées et des développements dans le secteur du maintien de la paix. Il est donc recommandé que des efforts soient faits par l OUA et lONU pour investiguer et améliorer les pratiques courantes à cet égard. Des suggestions ont été faites sur le concept dun forum Africain sur le maintien de la paix, ou un séminaire interarmées, dans lequel des officiers ayant de lexpérience en maintien de la paix pourront échanger leurs points de vue.
Bien que ce ne soit pas directement lié à lentraînement au maintien de la paix, le QG de lArmée du Kenya estime que le type de conflit qui devient endémique en Afrique ne peut être résolu à long terme que par la transmission dune culture de résolution pacifique des conflits. Cela impliquerait différents programmes déducation civique dirigés vers les communautés, à diverses étapes du processus de socialisation, de lécole primaire jusqu à léducation pour adultes. Le potentiel de réussite de tels programmes en Afrique peut être investigué par l OUA.
Le QG de lArmée du Kenya est alarmé par la prolifération des armes légères comme les AK 47 et le fusils G3 dans la partie nord du Kenya. Ces armes ont été introduites, en partie par des réfugiés, et par les bandits qui les suivent. Le problème lié au combat contre le banditisme absorbe maintenant un nombre croissant de ressources humaines de l Armé du Kenya, et les détourne ainsi de la réserve potentielle pour les futures opérations de maintien de la paix.

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