ANNEXE A

D’ENTRAINEMENT DU KENYA AUX OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX


Les Capcites Africaines d'Entrainement aux Operations de Maintien de la Paix

1 INTRODUCTION


L’équipe d’évaluation a visité le Kenya entre le 14 et le 18 juillet 1996. L’annexe J offre un compte rendu complet de l’itinéraire.

2 ETENDUE DU PROJET


Le rapport de l’étude sur la capacité d’entraînement au maintien de la paix des Forces Armées du Kenya est présenté de la façon suivante:
  • historique: la participation du Kenya aux opérations de la paix;
  • la philosophie de l’entraînement aux opérations de la paix;
  • l’entraînement des unités pour les opérations de la paix;
  • le rôle de l’Ecole Militaire de l’Etat Major du Kenya; et
  • les commentaires et recommandations par pays.

3 HISTOIRE DE LA PARTICIPATION DU KENYA AUX OPERATIONS DE LA PAIX

En tant que membre de la communauté internationale, le Kenya donne tout son support aux initiatives de maintien de la paix, au niveau international, des Nations Unies (ONU). Le Kenya accepte de contribuer aux opérations de maintien de la paix qui reposent sur le consentement des partis dans le pays hôte, mais se méfie des opérations d’imposition de la paix. Le Kenya perçoit celles-ci comme une contradiction du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un état membre, tel qu’il est indiqué dans la Charte de l’Organisation d’Unité Africaine.

Le Kenya a contribué de la façon suivante aux opérations de maintien de la paix régionales et de l’ONU:
  • Zimbabwe (CMFZ) 1979-1980;

  • Tchad (OUA) 1981-1982, Observateurs Militaires;

  • Iran/Iraq (UNIMOG) 1988-1990, Observateurs Militaires;

  • Namibie (UNTAG) 1989-1990, Contingent de Troupes et Observateurs Militaires;

  • Sahara Occidental (MINURSO) 1992-1995, Observateurs Militaires;

  • Mozambique (ONUMOZ) 1992-1995, Observateurs Militaires;

  • Ancienne République Yougoslave (UNPROFOR) Observateurs Militaires et Bataillons, 4 roulements;

  • Liberia (UNOMIL) (Observateurs Militaires);

  • Ruanda (UNAMIR) (Observateurs Militaires); et

  • Angola (UNAVEM III) (Observateurs Militaires).
Le Gouvernement du Kenya a participé à UNOSOM et UNAMIR en facilitant l’approvisionnement de l’aide humanitaire: ports, aéroports, transports routiers, et autres supports logistiques.

Les officiers de l’Armée du Kenya ont aussi occupé des postes supérieurs dans les rangs des Nations Unies, en particulier:
  • Commandant des Forces, du Commonwealth au Zimbabwe;
  • Sous Commandant des Forces, UNTAG, Namibie;
  • Président du Comité de Surveillance, UNOMOZ, Mozambique;
  • Commandant des Forces, UNOMIL, Liberia;
  • Commandant de Secteur, UNPROFOR, FRY;
  • Officier Supérieur des Liaisons Militaires, UNPROFOR; Chef d’Etat Major, SECTOR, UNMOZ;
  • Observateurs Militaires Supérieurs, UNOSGI, Téhéran;
  • Commandant de Garnison, UNPROFOR; et
  • un représentant au Département des OMP des Nations Unies à New York.
Le Kenya a produit 220 Observateurs Militaires au total provenants de tous les corps d’arme, et six bataillons ont été exposés aux opérations de maintien de la paix. L’expérience acquise est utilisée de façon remarquable. L’information sur les missions passées est répertoriée. En plus des institutions nationales d’entraînement, les officiers de l’Armée du Kenya reçoivent un entraînement dans plusieurs institutions à l’étranger, au Royaume Uni, aux Etats Unis, au Pakistan et en Inde. La plupart de ces cours ont des composantes vouées au maintien de la paix, et/ou à la résolution des conflits.

4 LA PHILOSOPHIE DE L’ENTRAINEMENT AU MAINTIEN DE LA PAIX


Le Département de la Défense est convaincu que l’entraînement au maintien de la paix doit émaner de la maîtrise de pratiques militaires de base, fondamentales aux opérations de maintien de la paix contemporaines, telles que:
  • commandement;
  • communications;
  • connaissances informatiques;
  • orientation et lecture de cartes;
  • utilisation des armes;
  • système d’alerte et stratégies;
  • patrouille;
  • mouvement de troupes et barrages;
  • entraînement physique; et
  • droit international des conflits armés.
Les troupes doivent être complètement familières avec l’environnement et l’histoire du conflit avant leur déploiement. Le Droit International Humanitaire est ainsi inclus dans tous les programmes d’entraînement et à tous les niveaux.

5 ENTRAINEMENT DES UNITES POUR LES OPERATIONS DE LA PAIX


A ce jour, la plupart du cours voué au maintien de la paix consiste en trois mois d’entraînement de pré-déploiement vers les régions de mission pour les troupes et l’état major. L’entraînement cherche à changer les attitudes, pour compléter l’éthique du soldat avec celle d’un soldat de la paix en insistant sur l’impartialité, la négociation, la médiation.

L’entraînement est centré sur la dimension spéciale des opérations de maintien de la paix, car les soldats ont déjà maîtrisé les pratiques militaires de base avant d’être sélectionnés pour les unités de maintien de la paix. Il serait donc plus approprié de parler de préparation, plutôt que d’entraînement, aux opérations de maintien de la paix. Ainsi, cette préparation cherche à ajuster les attitudes et les approches envers les devoirs militaires. Le soldat apprend que, le soldat de la paix ne doit pas prendre parti. L’ entraînement est aussi orienté vers la protection des qualités essentielles et la transmission de pratiques spécifiques au maintien de la paix.

Tous les soldats de l’Armée du Kenya sont entraînés au Centre d’Entraînement des Recrues pendant six à sept mois, avant d’être placés dans leurs groupes et de continuer leur spécialisation et formation de commandement. Cet entraînement initial comprend les aspects suivants:
  • étapes de guerre (avance, attaque, défense, et rétro-opérations jusqu’au niveau de sous-unité);

  • escorte, patrouille, piège, devoirs des guardes et des sentinelles;

  • contrôle des mouvements des troupes (barrages, et points de contrôle);

  • traitement des Armes et mousqueterie;

  • endurance et condition physique;

  • navigation et lecture de cartes;

  • communications, équipements militaires et civiles, linguistiques, modes de répartition;

  • méthodes de survie;

  • premièrs secours, hygiène et santé;

  • administration, et procédures de logistique; et

  • terrorisme et anti-terrorisme.
Le Quartier Général de l’Armée du Kenya est responsable de la sélection et du rassemblement des officiers et des troupes, et de l’entraînement du contingent, dans le contexte de l’entraînement réservé au maintien de la paix. Ceci comprend:
  • l’établissement d’objectifs d’entraînement;
  • l’approvisionnement logistique pour l’entraînement; et
  • l’identification de locaux satisfaisants pour l’entraînement; et
  • contrôle de l’ entraînement.
Les responsabilités du QG de l’Armée du Kenya, quant à l’entraînement au maintien de la paix sont:
  • l’équipement et le maintien des troupes;

  • la coordination des mouvements des troupes dans les quartiers généraux de l’ONU;

  • l’administration des mouvements du personnel dans les régions de mission;

  • l’administration des membres de familles du personnel déployé dans la région de la mission;
    le roulement du personnel.
L’Armée du Kenya pourvoit les armes, les véhicules, et l’équipement pour les contingents, tandis que les besoins supplémentaires sont pris en charge par l’ONU.

La durée de l’entraînement, de six et dix semaines, spécifique à la mission, de tous les groupes et du personnel, dépends de la nature et de la complexité des opérations, et comprend:
  • les résolutions des Nations Unies et de l’OUA, ainsi que certaines résolutions du Conseil de Sécurité;

  • l’organisation de l’ONU et de l’OUA et de leurs organes spécifiques;

  • des relations entre le secteur civil et le secteur militaire, ainsi que des agences civiles et des organisations telles que, le HCR et le Comité International de la Croix Rouge;

  • du Droit International Humanitaire;

  • historique du conflit;

  • analyse du mandat de la mission;

  • composition de la force et support logistique; et

  • méthodes de négociation et de médiation.
Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de cours sur l’histoire du maintien de la paix. Cependant, un programme de formation a été préparé à ce sujet, et s’il est approuvé par le Commandant des Forces Armées du Kenya, il sera intégré dans l’entraînement de base des recrues. La nécessité de programmer et d’ instituer un entraînement intermédiaire, entre les recrues et l’Etat Major, a aussi été reconnu.

Il n’y a pas encore d’entraînement spécifique aux missions ou à leurs historiques, pour les Observateurs Militaires et les spécialistes. Dans la pratique, des cours basés sur l’orientation de certaines missions ont été établis par l’ONU dans la région de la mission; cet arrangement a été jugé suffisant jusqu’ à présent.

Quant aux institutions d’entraînement, le niveau le plus élevé dans le secteur de l’entraînement au maintien de la paix, sera éventuellement promulgué par l’Ecole Militaire Nationale du Kenya, qui est encore à ses débuts, et les premiers cours sont encore en préparation. Aujourd’ hui le niveau d’ entraînement le plus élevé est atteint à l’Ecole Militaire de l’Etat Major du Kenya, Karen, l’école militaire de commandement et d’état major des Forces Armées du Kenya.

6 L’ECOLE MILITAIRE KAREN DE L’ETAT MAJOR DU KENYA


6.1 Historique et Organisation

Karen a été établie le 4 janvier 1984. Le premier cours s’est déroulé de 1984 à 1985. Ce cours n’avait pas d’élément voué au maintien de la paix. Cependant le deuxième cours avait incorporé un module sur le maintien de la paix qui est encore appliqué.

L’Ecole Militaire Karen est une école militaire d’entraînement des Forces Armées du Kenya. L’Ecole entraîne des officiers (Lieutenant Colonels et Majors) des trois corps: l’Armée de Terre, l’Armée de l’ Air, et la Marine. L’Ecole entraîne aussi des officiers des pays amis. Le dernier cours proposé a vu la participation d’officiers de la Tanzanie, du Malawi, de la Zambie, de la Namibie, et du Royaume de Swaziland. Le centre offre un entraînement au maintien de la paix destiné seulement à l’état major. Il est centré sur la coopération entre diverses nationalités. D’autres aspects de l’entraînement tels que le mouvement de la logistique sont couverts dans les cours du collège des autres branches de l’Armée. Le programme du Collège est centré sur le concept des services communs, avec une certaine préférence pour les opérations de terrain. Les modules du programme comprennent un entraînement spécifique au maintien de la paix en cours de révision. La révision cherche à incorporer les concepts courants des opérations de maintien de la paix, jugés nécéssaires à cause de la nature dynamique des conflits contemporains.

L’Ecole est financée par le gouvernement du Kenya. Il y a un programme d’échange d’étudiants entre les collèges du Kenya et ceux de la Tanzanie, pour le personnel et un programme d’échange entre le Royaume Uni et le Kenya pour le personnel de Direction. Le Kenya envoie aussi des étudiants dans des collèges de pays tels que les USA, le Royaume Uni, le Pakistan, l’Inde, et le Bangladesh.

Le programme de l’Ecole dure 46 semaines, débutant en août et terminant au mois de juillet de l’année suivante. Il y a 36 étudiants, mais le centre peut entraîner jusqu’à 48 étudiants. Les étudiants sont séparés en trois groupes de 12 étudiants chacun. Les méthodes d’instructions comprennent:
  • des lectures, des discussions en groupe, des exercices;
  • des jeux de rôle;
  • de la recherche et la présentation des résultats;
  • des exercices pratiques sur le terrain;
  • des films; et
  • des visites et des tours.
L’Ecole est sous la direction d’un Major Général et de son député, Brigadier. Il y a trois Colonels, deux d’entre eux sont à la tête des équipes de Rédaction et d’Enseignement, respectivement. Le troisième est le Chef de l’Etat Major de l’Ecole Militaire, ou Colonel en charge de l’unité de coordination. Il y a 12 Lieutenant Colonels, 6 par équipe mentionnée. La moyenne entre les étudiants et le Personnel de Direction est de 1 pour 3.

Les membres du Personnel de Direction sont sélectionnés parmi trois corps de l’Armée en fonction de leur expérience, connaissances, et capacités d’instruction. Tout le Personnel de Direction et les officiers supérieurs du centre ont pris part à la formation au maintien de la paix. La plupart du Personnel de Direction et certains des étudiants ont été exposés au maintien de la paix. Un d’eux a été déployé en Iran et en Yougoslavie, il a aussi participé à MAPEX organisé par le UK Camberley Staff College à Addis Abéba en 1996.

Des 35 étudiants présents, 10 ont été déployés dans des missions de maintien de la paix, en tant qu’observateurs, moniteurs ou soldats de la paix.

L’Ecole Militaire peut prendre en charge 48 étudiants, et offre également un cour intensif d’août à mi-septembre.

6.2 Aides à l’Instruction

L’Ecole dispose de l’équipement suivant:
  • Quatre pièces pour les groupes, d’une capacité de 12 étudiants chacune.
  • Une salle de conférence qui peut contenir jusqu’à 100 étudiants.
  • Une pièce audiovisuelle.
  • Une librairie contenant plusieurs ouvrages et publications sur le maintien de la paix.
  • Une salle de planification des cours.
  • Le collège dispose aussi d’un équipement moderne.
6.3 Administration et Logistique

Parce que le cours fonctionne en résidence, toute l’administration est traitée par la Branche Administrative de l’Ecole Militaire, dirigée par un Officier de Commandement et son personnel, qui sont aussi responsable des Quartiers des Officiers pouvant accommoder plus de soixante personnes, et de la Station de Réception Médicale (l’hôpital militaire principale est situé à 15 kilomètres). L’Ecole Militaire reçoit le support logistique du Groupe Logistique des Forces Armées. Une extension téléphonique est pourvue pour chaque étudiant, elle provient d’un échangeur qui est integré au système de communication des Forces Armées. L’echangeur est aussi relié aux systèmes de communication civiles. Situé à 25 km d’un aéroport international, le centre est très accessible.

Lorsque les étudiants, étrangers ou nationaux, ont été sélectionnés pour le programme, ils reçoivent du matériel de préparation, au moins deux mois avant le début des cours. Ce matériel comprend des manuels pour les étudiants, qui présentes toutes les informations nécessaires. Les étudiants étrangers sont transférés de l’aéroport jusqu’ au centre.

L’Ecole Militaire a accepté les premiers étudiants étrangers au cours numéro 7 de 1991/92. Le nombre total d’étudiants étrangers diplômés est de 29, soit 16,8% du nombre total des étudiants diplômés depuis le cours numéro 7.

6.4 Le Programme pour le Maintien de la Paix

Le centre voue un total de 17 cours de 40 minutes chacuns au maintien de la paix des Nations Unies. Ces périodes sont utilisées de la façon suivante:
  • introduction au maintien de la paix de l’ONU;
  • définitions;
  • procédures d’établissement des opérations des Nations Unies;
  • composition d’une Force;
  • nomination d’un Commandant des Forces des Nations Unies;
  • direction et support d’une Force; et
  • principes et entraînement au maintien de la paix.
Les périodes de discussion sont précédées d’ une lecture sur l’histoire des Opérations de maintien de la paix des Nations Unies, d’extraits de la Charte de l’ONU, et d’ une varieté de publications de l’ONU.

Une journée et demie (12 périodes) est consacrée à un exercice de maintien de la paix. L’exercice a été développé par le Collège. Il utilise une île fictive appelée KATAMA, située à 500 km au Nord Est de l’Ile Maurice. Une force de maintien de la paix doit être déployée sur l’île. L’exercice cherche à enseigner:
  • la compréhension de la complexité des conflits contemporains;
  • les négociations et les procédures nécessaires à la formation d’un mandat de l’ONU;
  • les procédures d’établissement d’une opération des Nations Unies;
  • la composition de la Force et la sélection d’un commandant des Forces;
  • le déploiement d’une force de maintien de la paix; et
  • la maintenance d’une force de maintien de la paix.
6.5 Programme de Maintien de la Paix

L’Ecole Militaire a identifié le besoin de révision du programme présent, afin de promouvoir l’étude des opérations de maintien de la paix. Le programme proposé, en cours de révision, sera de 47 périodes ( 30 de plus que dans le programme actuel), et ajoutera les éléments suivants:
  • Cours. 10 périodes de cours sur le maintien de la paix couvriront l’Organisation et le rôle des Nations Unies (3 périodes), les Opérations de Maintien de la Paix de l’ONU (3 périodes), le rôle des autres agences internationales spécialisées (2 périodes), et les défis des opérations de maintien de la paix multifonctionelles (2 périodes).

  • Discussions en Groupes. 7 périodes ont été prévues pour ces discussions en groupes et couvrent des sujets tels que: la doctrine du maintien de la paix élargie et son futur (2 périodes), Les Opérations de Coordination de Support de la Paix (1 période), Etudes de Cas (4 périodes).

  • Exercices. Un exercice de carte, adapté sur le modèle du UK Camberley Staff College, est prévu pendant quatre jours (28 périodes). L’exercice est destiné à tester toutes les facettes des opérations de maintien de la paix du Département des Opérations du Maintien de la Paix de l’ONU (OMP) sur le terrain.
Les cours et travaux pratiques vont préparer les étudiants à participer à l’exercice d’orientation, qui est basé sur une crise complexe en Afrique, et qui demande aux étudiants de résoudre les quatres problèmes suivants:
  • Problème 1 - Conseil de Sécurité de l’ONU. L’exercice commence au niveau du Grand Stratégique avec une simulation rudimentaire d’une réunion du Conseil de Sécurité. Les étudiants, représentant les membres du Conseil de Sécurité, vont produire une résolution et un mandat pour le déploiement d’une force de maintien de la paix de l’ONU dans un pays Africain fictif nommé MERANGO.

  • Problème 2 - Planification de l’Opération de Support de la Paix au Niveau Stratégique Militaire. Les étudiants représentant le personnel du Département des Opérations de Maintien de la Paix, traduiront le mandat en directive stratégique, formuleront le programme, et feront les plans nécessaires au déploiement et au soutien des troupes.

  • Problème 3 - Plan de Campagne du Commandant de la Force - Les étudiants, regroupés en sous-unités et représentant le personnel d’une force multinationale, vont développer un plan de campagne pour la conduite des opérations.

  • Problème 4 - Niveau Tactique - Les étudiants vont devoir résoudre une série de problèmes, comprenant des aspects tels que, l’utilisation de la force, consentement et impartialité.
    En conclusion, l’Ecole Militaire de l’Etat Major a admis le besoin d’un entraînement au maintien de la paix plus détaillé. Il est espéré que la révision du programme sur le maintien de la paix sera plus adapté.

7 COMMENTAIRES ET RECOMMANDATION PAR LE PAYS HOTE


Le Département de la Défense a insisté pour que sa participation dans les opérations de la paix soit mandatée et subventionnée au niveau des Nations Unies, il a aussi exprimé des doutes quant à la légitimité d’une opération mandatée par l’ OUA seule. Cela n’est pas pour dénigrer les efforts et le rôle de l’ OUA, mais il y a une préoccupation sur la capacité de toute initiative régionale de maintien de la paix, de maintenir le principe essentiel d’intégrité. Il y a aussi une dimension morale et éthique impliquée dans l’idée d’une intervention militaire pour empêcher ou mettre fin à des tragédies comme les génocides. Il est certain que seule l’ONU a la résponsabilité morale et l’ autorité pour prendre de telles décisions.

Le Département de la Défense souhaiterait voir le développement de programmes, au niveau politique, clarifiants les limites du maintien de la paix, afin qu’il puisse participer de façon plus complète et plus confidentielle aux opérations dans le futur. Une approche et une doctrine communes sont nécéssaires pour les opérations de maintien de la paix au niveau international. Cela devrait être articulé, peut être par les Nations Unies, afin que les pays qui contribuent aux troupes puissent mieux comprendre les règles du jeu. La contribution de l’OUA à ce sujet serait d’assurer que la doctrine prenne en compte les valeurs, coutumes, et traditions africaines. Cela devrait être lié à toutes les opérations de support de la paix, de la diplomatie préventive jusqu’ aux interventions militaires.

Cependant le souci principal repose sur secteur du “maintien de la paix aggravé”, lorsque les besoins liés à l’autodéfense impliquent une perte de l’impartialité et de la neutralité, rendant difficile la réponse des agents de maintien de la paix. Le besoin de consultation des organisations régionales, telles que l’OUA, par les Nations Unies, avant d’envoyer un mandat de support de la paix dans les régions spécifiques, est aussi jugé nécessaire. Cela permettrait au Conseil de Sécurité de s’appuyer sur les connaissances des organisations régionales sur les causes et l’histoire des conflits, et contribuerait à la formulations de résolutions plus appropriées et plus réalistes.

Le Département de la Défense considère les aspects suivants, comme étant les implications les plus pertinentes au concept de maintien de la paix élargie:
  • Aller du maintien de la paix à l’imposition de la paix est une réponse inappropriée au conflit en Afrique, où la cause la plus fréquente des conflits est au niveau de la gestion de l’Etat .

  • Lorsqu’une opération d’imposition de la paix se transforme en opération de maintien de la paix, il doit y avoir une phase d’intervention, consistant en un processus politique plutôt que militaire, entre les opérations. La paix doit être rétablie avant d’être maintenue.
    L’imposition de la paix nécessite la décision d’entrer en guerre, sans pour autant avoir des objectifs de guerre. Il y aura donc clairement un manque fondamental de soutien politique et de volonté d’accepter les sacrifices qui y sont liés.

  • Les guerres civiles sont bien plus complexes que les conflits internationaux. Leurs causes ont des dimensions religieuses, linguistiques, éthniques, et culturelles. Cela implique que le rétablissement de la paix ne peut être suggéré qu’en dernier recours. D’autres options peuvent être explorées avant de choisir le rétablissement de la paix.
Le Département de la Défense estime que les procédures suivantes doivent être prises en compte lors de la considération des opérations de la paix:
  • La mission militaire doit être définie de façon claire, ses objectifs tirés de programmes politiques, raisonnablement délimitée dans le temps, et être un mécanisme de formation des forces.

  • Les forces militaires doivent être inserées le plus tôt possible au cours de l’urgence, mais seulement après que tous les moyens pacifiques de résolution des conflits soient épuisés.

  • L’intervention militaire doit réduire les pertes de vies humaines, pas les accroître.

  • Les efforts pour le maintien de la paix doivent être collectifs (multi-nationaux), sous les auspices des Nations Unies.

  • La force militaire doit être capable d’influencer de façon fondamentale l’évolution de la situation.

  • La force militaire ne doit être déployée dans des opérations de maintien de la paix que lorsqu’ elles ont un avantage évident sur les agences civiles.

  • L’aspect financier doit être résolu et les règles d’engagement finalisées, avant le déploiement.

  • L’impartialité est une nécessité.
Il a été suggéré que le positionement préalable de l’équipement dans les bases logistiques régionales soit modifié de façon à ce que les forces sélectionnées puissent s’entraîner au maniement de l’équipement qu’ils vont utiliser et dont ils dépendront.

Le Kenya n’a pas formalisé un système de réserve de troupes, mais peut sélectionner et entraîner un contingent de la taille d’un bataillon en cas de besoin. Tous les soldats sont volontaires, donc il n’ y a pas de restriction constitutionnelle au déploiement d’individus pour opérations de la paix des Nations Unies.

Il est ressenti que les expériences et les leçons tirées des missions passées et présentes ne sont pas partagées suffisamment pour permettre aux officiers de l’Armée du Kenya de rester informés des derniers courants d’idées et des développements dans le secteur du maintien de la paix. Il est donc recommandé que des efforts soient faits par l’ OUA et l’ONU pour investiguer et améliorer les pratiques courantes à cet égard. Des suggestions ont été faites sur le concept d’un forum Africain sur le maintien de la paix, ou un séminaire interarmées, dans lequel des officiers ayant de l’expérience en maintien de la paix pourront échanger leurs points de vue.

Bien que ce ne soit pas directement lié à l’entraînement au maintien de la paix, le QG de l’Armée du Kenya estime que le type de conflit qui devient endémique en Afrique ne peut être résolu à long terme que par la transmission d’une culture de résolution pacifique des conflits. Cela impliquerait différents programmes d’éducation civique dirigés vers les communautés, à diverses étapes du processus de socialisation, de l’école primaire jusqu’ à l’éducation pour adultes. Le potentiel de réussite de tels programmes en Afrique peut être investigué par l’ OUA.

Le QG de l’Armée du Kenya est alarmé par la prolifération des armes légères comme les AK 47 et le fusils G3 dans la partie nord du Kenya. Ces armes ont été introduites, en partie par des réfugiés, et par les bandits qui les suivent. Le problème lié au combat contre le banditisme absorbe maintenant un nombre croissant de ressources humaines de l’ Armé du Kenya, et les détourne ainsi de la réserve potentielle pour les futures opérations de maintien de la paix.