ANNEXE B

ENTRAINEMENT DU ZIMBABWE AUX OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX


Les Capcites Africaines d'Entrainement aux Operations de Maintien de la Paix


1 INTRODUCTION


L’équipe était au Zimbabwe du 18 au 20 juillet 1996. L’annexe J offre les détails de l’itinéraire.

2 PROGRAMME DE L’EVALUATION


Le rapport sur l’entraînement aux opérations de la paix des Forces Armées du Zimbabwe est présenté de la façon suivante:
  • historique: la participation du Zimbabwe aux opérations de la paix;
  • le processus de décision de la participation du Zimbabwe aux opérations de la paix;
  • l’entraînement des spécialistes et des unités aux opérations de la paix;
  • le rôle de l’Ecole Militaire de l’Etat Major du Zimbabwe; et
  • les commentaires et recommandations par pays.

3 HISTORIQUE DE LA PARTICIPATION DU ZIMBABWE DANS LES OPERATIONS DE LA PAIX


Depuis 1991, le Zimbabwe a participé aux opérations de maintien de la paix suivantes:

Opérations passées
  • Somalie (UNITAF et UNOSOM), Bataillon;
  • Ruanda (UNIMIR), Observateurs Militaires;
  • Mozambique (ONUMOZ), Observateurs Militaires; et
  • Angola (UNAVEM II), Observateurs Militaires.
Opérations en cours UNAVEM III
  • Commandant des Forces Armées, Maj Gen Philip Sibanda;
  • Commandant Régional (colonel); et
  • 1 Bataillon d’Infanterie (dernier roulement en aôut 1996).

4 PROCESSUS DE DECISION DE LA PARTICIPATION DU ZIMBABWE AUX OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX


Une requête des Nations Unies pour la participation des Forces Armées du Zimbabwe à une opération de maintien de la paix spécifique est transmise par l’intermédiare du Ministère des Affaires Etrangères. Le Ministère des Affaires Etrangères transmet ensuite la demande à un comité pour un examen plus approfondi. Ce comité politico-militaire est présidé par le Département des Affaires Etrangères. Il a pour devoirs de:
  • examiner la capacité d’engagement;
  • d’examiner le mandat en détail; et
  • de prendre en compte les ressources disponibles nécessaires à la mission.
(En règle générale, le comité ne soutiendra pas favorablement un devoir de participation à une opération de maintien de la paix sous le Chapitre VII de la Charte).

Le comité passe, ensuite, une recommandation de nature stratégique au Ministre de la Défense Nationale et au Ministre des Affaires Etrangères. Le Ministre des Affaires Etrangères présentera le sujet au Cabinet Ministériel pour les délibérations. Lorsqu’une décision est prise par le Cabinet, elle est transmise aux Nations Unies à New York par la Mission Permanente du Zimbabwe auprès de l’ONU.

Le Quartier Général de l’Armée désigne une unité et donne des instructions afin de commencer les préparations. Une équipe composée de membres de l’Armée de Terre et de l’Armée de l’Air, d’un représentant du Ministère des Affaires Etrangères, et du Ministère de la Défense Nationale ainsi que le commandant du contingent fait un parcours de reconnaissance sur les lieux de la mission. La préparation de l’unité se poursuit pendant une période de quatre semaines au minimum. L’information acquise lors de la mission de reconnaissance permet d’ajuster le programme d’entraînement. L’entraînement s’achève par une semaine d’exercices pour les postes de commandement et ont lieux à l’avant poste avant le déploiement de l’unité.

5 FORMATION DES UNITES ET DES SPECIALISTES AUX OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX

Ce ne fut qu’en 1992, suite aux leçons acquises lors des missions de maintien de la paix en Somalie, que l’entraînement au maintien de la paix a été formalisé au sein de l’Armée Nationale du Zimbabwe. Auparavant, le maintien de la paix était considéré en marge du rôle primaire de l’Armée Nationale du Zimbabwe, mais le besoin de définir une telle fonction pour l’Armée du Zimbabwe est maintenant reconnu. Les recrues sont conscientes que leur service militaire peut éventuellement comprendre le support d’une obligation extérieure de l’armée nationale.

L’entraînement de chaque unité aux opérations de maintien de la paix est devenu une partie intégrale du cycle annuel d’entraînement de l’Armée du Zimbabwe. La participation antérieure aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies, permet à l’Armée du Zimbabwe de profiter de ses ressources en instructeurs expérimentés pour la conduite de cet entraînement. Puisqu’en général, l’entraînement militaire est centré vers les opérations de contre-attaque, l’entraînement au maintien de la paix des Nations Unies, complète nombre de compétences déjà acquises, pertinentes à la conduite des opérations de maintien de la paix, telles que le mouvement des troupes, l’observation, les exercices d’hélicoptère, etc. L’entraînement des soldats de l’Armée du Zimbabwe débute par l’entraînement des recrues en caserne, et se termine par l’entraînement en unité et l’entraînement aux missions spécifiques.

Le reste de l’entraînement au maintien de la paix de l’Armée du Zimbabwe, se déroule sous les auspices de l’Ecole Supérieure de Guerre du Zimbabwe, à l’exception de l’entraînement pour les observateurs militaires, qui est supervisé par l’Ecole de Renseignement Militaire. Cet entraînement vise à créer des ressources en observateurs militaires qui puissent être entraînés pendant deux semaines supplémentaires, pour des missions spécifiques au Département du Maintien de la Paix de l’Ecole de l’Etat Major du Zimbabwe avant d’être déployés en mission. Tous les officiers (des capitaines aux lieutenants colonels) qui ont suivi les cours des Observateurs Militaires pendant quatre semaines doivent être diplômés de l’Ecole Supérieure Militaire.

L’Armée Nationale utilise, toute opportunité d’envoyer des officiers aux cours pertinents sur le maintien de la paix à l’étranger, au Canada, en Autriche, en Afrique du Sud, au Royaume Uni, et dans les pays Nordiques. Ils bénéficient aussi d’autres cours offerts par des agences civiles et ONG, telles que le Comité International de la Croix Rouge et le Programme des Nations Unies pour le Développement.

En plus de l’entraînement offert à l’école militaire et à l’Ecole de Renseignements Militaires, l’entraînement au maintien de la paix fait aussi partie des cours de l’Ecole d’Infantrie du Zimbabwe et de l’ Académie Militaire du Zimbabwe. L’entraînement au maintien de la paix des Nations Unies est intégré complètement au développement de carrière progressif du programme d’entraînement des officiers, au niveau de l’adjudant, ou du capitaine de compagnie, etc. Le Quartier Général de l’Armée Nationale a insisté pourqu’au niveau des unités, l’entraînement comprenne nombre minimum de semaines supplémentaires d’entraînement des Nations Unies, qui se terminerait par des exercices de terrain à l’Ecole de Combat, à Nyanga. Il est prévu de transformer cette région d’entraînement en un centre d’entraînement au maintien de la paix.

6 L’ECOLE MILITAIRE D’ETAT MAJOR DU ZIMBABWE


Mis à part les cours voués à l’entraînement au maintien de la paix des Nations Unies per se, l’Ecole Militaire de l’Etat Major du Zimbabwe offre trois cours pour les officiers: un cours commun pour les officiers de commandement et pour l’état major, un cours pour les commandants subaltèrnes et le personnel, et un cours de logistique. Chacun de ces cours comprend un module déstiné à l’entraînement pour les Nations Unies.

Le Département du Maintien de la Paix du centre de formation propose aussi un cours régional de deux semaines pour le sous-continent Africain, destiné à préparer les officiers aux devoirs des Quartiers Généraux de toute mission onusienne sur le terrain. Ce cours est offert aux officiers venant de pays membres de SADC, ainsi que d’autres pays tels le Ghana, l’Ethiopie, le Brésil, et l’Argentine. L’extension de ce programme sur quatre semaines est envisagée. Le Département du Maintien de la Paix de l’Ecole Militaire du Zimbabwe offre aussi des séminaires de trois jours sur le maintien de la paix, au personnel séléctionné familier avec l’environnement du maintien de la paix contemporain.

La devise de l’Ecole Militaire est: “Pour Gagner la Paix Etudiez la Guerre”. La prise en charge de l’entraînement au maintien de la paix est l’ un des rôles reconnu de l’école. L’Ecole Militaire est sous la direction d’un général, et est organisée de la façon suivante:
  • Division Supérieure;
  • Division subalterne;
  • Division Logistique;
  • Division de l’Entraînement Tactique; et
  • Division du Maintien de la Paix.
La Division Supérieure présente un Cours Commun pour le Personnel de Commandement et l’Etat Major, sur 46 semaines, qui comprend un module de maintien de la paix des Nations Unies, présenté par le personnel de direction pendant la troisième phase du Cours Commun pour le Commandement et l’Etat Major. Ce cours est normalement suivi par 40 étudiants. Le prochain cours sera composé de 14 Zimbabwéens et de 26 officiers étrangers. Un module d’une semaine sur le maintien de la paix est aussi présenté par la division subalterne pendant la seconde phase du cours de 17 semaines. A ce jour, le cours à une capacité d’accueil de 60 étudiants, et est proposé deux fois par an. Bien que les observateurs militaires soient entraînés à l’École de Renseignement Militaire, la division de l’Entraînement Tactique conduit aussi un exercice d’une semaine pour les observateurs militaires. La Division du Maintien de la Paix est responsable de l’entraînement au maintien de la paix régional; quatre lieutenant-colonels font partie du personnel d’éducation, ainsi que deux autres pour la coordination.

L’Ecole de l’Etat Major du Zimbabwe a prévu d’accueillir des étudiants temporaires, d’instituer un programme d’échange pour le personnel de direction, et d’accommoder des fonctionnaires pendant la troisième phase du Cours de Commandement et de l’Etat Major.

La Division du Maintien de la Paix, établie en novembre 1995, présente un cours de maintien de la paix pour la région d’Afrique Australe, une fois par an, pendant deux semaines, durant le second semestre. L’objectif de ce cours est de promouvoir la compréhension du maintien de la paix multifonctionel contemporain, parmi les commandants et les officiers de l’état-major. Le cours comprend les sujets suivants:
  • une étude géopolitique des conflits en Afrique;
  • la théorie de la résolution des conflits;
  • du droit International Humanitaire;
  • la doctrine du maintien de la paix étendu;
  • les Nations Unies;
  • planifications des campagnes;
  • les opérations humanitaires;
  • l’Armée de l’Air dans les opérations de la paix;
  • les études de cas: ECOMOG; Bosnie; Ruanda;
  • la perspective du personnel;
  • la perspective des média;
  • les affaires civiles et militaires;
  • la logistique;
  • la perspective des ONG;
  • la coordination des opérations de support de la paix;
  • le commandement au niveau opérationnel et stratégique;
  • la planification stratégique (exercice);
  • l’expérience Danoise du maintien de la paix;
  • la gestion des conflits durant les opération de support de la paix; et
  • les exercices tactiques du maintien de la paix sans troupes.
L’Ecole de l’Etat Major du Zimbabwe a adopté la doctrine du maintien de la paix de l’ONU, ce qui est démontré par l’utilisation intensive des manuels d’entraînement tels que le manuel d’Entraînement des Officiers de l’Etat Major des Nations Unies, le Module de l’ONU pour les Collèges d’Etat Major Nationaux et Régionaux, et des Postes de Commandement de l’ONU. L’Ecole bénéficie d’excellentes installations pour l’enseignement, en particulier, un studio de télévision et une bibliothèque. L’équipement de la Division de l’Entraînement Tactique est bien conçu et approprié.

7 COMMENTAIRES ET RECOMMANDATIONS PAR PAYS INVITE


Le support des Forces Armées du Zimbabwe aux initiatives de maintien de la paix régionales et de l’ONU est démontré par leur participation aux opérations de maintien de la paix, en Afrique durant les cinq dernières années. Cependant, l’Armée du Zimbabwe a une capacité logistique limitée pour maintenir un contingent national sans assistance internationale. Les questions de logistique restent cruciales à la participation des Forces Armées du Zimbabwe aux futures opérations de maintien de la paix. Les Forces Armées du Zimbabwe sont aussi peu disposé à s’engager dans des opérations du Chapitre VII, et ne participeraient pas aux efforts régionaux de maintien de la paix en dehors des initiatives de l’ONU.

La clarification de l’idéologie de l’OUA, et la dissémination de ce savoir au Collège d’Etat Major du Zimbabwe est nécessaire. Il est également nécessaire que cette information au Département de Maintien de la Paix de l’ONU soit partagée parmi les forces armées du sous-continent.

La résolution des conflits en Afrique est premièrement une tâche politique. Des accords devraient être conclus par le dialogue, plutôt qu’imposés par la violence. L’OUA et ses états membres devraient donc utiliser une diplomatie plus agressive, afin d’assurer des accords de paix avant de se tourner vers l’assistance militaire pour résoudre les conflits violents.

L’ établissement d’une base logistique des Nations Unies en Afrique pourrait aider à résoudre les dilemmes logistiques créés par les exigences du maintien de la paix pour les forces armées de la région. Cela indiquerait une ferme intention de s’engager à mettre fin aux conflits violents entre les peuples Africains. L’établissement et l’utilisation d’une base logistique pourrait accroître la confiance et la coopération à travers le continent.

L’OUA devrait souligner et continuer à soutenir les efforts régionaux au maintien de la paix, afin de consolider le cadre de coopération existant.

Lorsque le principe de non-ingérence, compris dans les Chartes de L’ONU et de l’OUA, est abrogé à cause d’impératives humanitaires, les Forces Armées du Zimbabwe n’envisageront leur participation que dans le contexte d’un mandat explicite, et sous la direction décisive de l’ONU (et non pas sous l’auspices d’un pays particulier).

L’OUA devrait établir la direction des efforts régionaux pour promouvoir la capacité de maintien de la paix par l’articulation d’une doctrine claire et appropriée de l’ONU, et l’établissement des ressources en instructeurs régionaux qualifiés qui pourraient participer à la dissémination des connaissances et des pratiques appropriées.

L’OUA devrait participer à l’établissement d’une cellule d’officiers compétents ayant une expérience des opérations de maintien de la paix de l’ONU, par exemple des anciens commandants et officiers de l’état major. Cette cellule pourrait être extrêmement utile, de par ses conseils au Secrétariat Général, et en établissant un ensemble de principes et règles communes pour le maintien de la paix de l’ONU.

Depuis sa participation au maintien de la paix de l’ONU en 1991, l’Armée Nationale du Zimbabwe a fonctionné en parallèle à plusieurs autres contingents nationaux. Cela a affecté de façon signifiante le déroulement des opérations. Il est donc fortement recommandé que des critères communs et des procédures communes d’entraînement soient adoptés.

L’acceptation d’une force de maintien de la paix par le pays hôte est essentielle. La conscience des données culturelles devrait donc être soulignée en étant intégrée complètement dans l’entraînement de pré-déploiement.

Les Quartiers Généraux de l’Armée du Zimbabwe ont rencontré des difficultés sérieuses dans les secteurs de commandement pendant les participations aux opérations de maintien de la paix de l’ONU, à cause de la diversité des langues utilisées à travers la hiérarchie de commandement et des erreurs de traduction et d’interprétation des termes militaires. Il est donc fortement recommandé qu’une terminologie et un langage de commandement standard soit envisagé lors de la composition d’une force de maintien de la paix

Le Commandant de l’Ecole Militaire de l’Etat Major du Zimbabwe a recommandé la désignation et le développement de centres régionaux d’excellence pour l’entraînement au maintien de la paix. Pour répondre aux besoins des opérations de maintien de la paix contemporains, l’Ecole Militaire de l’Etat Major du Zimbabwe a, semble-t-il, déjà été désignée en tant que centre d’ excellence pour l’entraînement des commandants et des officiers de l’état major pour les opérations de la paix. Des centres d’excellence similaires peuvent être identifiés dans d’autres pays de la région pour l’entraînement à la logistique, à l’ingénierie, au contrôle militaire, au support militaire, etc.