ANNEXE C

ENTRAINEMENT DE L’EGYPTE AUX OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX


Les Capcites Africaines d'Entrainement aux Operations de Maintien de la Paix


1 INTRODUCTION


L’équipe d’évaluation était en Egypte du 21 au 24 juillet 1996. L’annexe J offre les détails de l’itinéraire.

2 ETENDUE DE L’ETUDE


Le rapport de l’entraînement aux opérations de la paix en Egypte est présenté de la façon suivante:
  • historique: participation de l’Egypte aux opérations de la paix;

  • processus politico-militaire de décision pour la participation de l’Egypte aux opérations de la paix;

  • l’entraînement de pré-déploiement pour les opérations de la paix de l’ONU;

  • le rôle du Centre du Caire de Formation à la Résolution des Conflits et au Maintien de la Paix en Afrique;

  • l’Institut des Etudes Diplomatiques;

  • l’Autorité de Liaison avec les Organisations Internationales

  • Entraînement Supplémentaire pour les opérations de la paix; et

  • commentaires et recommandations du pays hôte.

3 HISTORIQUE DE LA PARTICIPATION EGYPTIENNE AUX OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX


Opérations effectueés
  • Congo (ONUC), Bataillon de Parachutistes;
  • Somalie (UNOSOM I), Observateurs Militaires;
  • Somalie (UNOSOM II), Brigade HQ et 3 x Bataillon d’Infanterie;
  • Mozambique (ONUMOZ), Observateurs Militaires; et
  • Ruanda (UNAMIR), Observateurs Militaires.
Opérations en cours
  • Angola (UNAVEM III), Observateurs Militaires;
  • Sahara Occidental (MINURSO), Observateurs Militaires;
  • Liberia (UNOMIL), Observateurs Militaires;
  • Slovénie de l’Est (UNTAES), Observateurs Militaires;
  • Géorgie (UNOMIG), Observateurs Militaires; et
  • Bosnie Herzégovine (IFOR), Bataillon d’Infanterie.

4 PROCESSUS POLITICO-MILITAIRE DE DECISION DE LA PARTICIPATION DE L’EGYPTE AUX OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX

Le Bureau de Liaison avec les Organisations Internationales (LAWIO: Liaison Authority With International Organizations) sert d’organe centrale de coordination dans le processus décisionnel, il est plaçé sous la commande directe du chef des renseignements militaires. Toute demande des Nations Unies (ONU) ou d’autres organisations internationales, d’une contribution des forces armées Egyptiennes dans les opérations de maintien de la paix, sera dirigée de façon simultanée vers LAWIO par l’intermédiaire de la mission de l’Egypte auprès des Nations Unies. La mission Egyptienne à l’ONU placera, à son tour, la demande à son Ministère des Affaires Etrangères (MAE), tout en informant le Bureau de Liaison. Lorsque le Ministre des Affaires Etrangères reçoit une demande de sa mission à New York, il la transfert au Ministère de la Défense Egyptienne, tout en en faisant part au Bureau de Liaison. En cas de réponse positive à la demande internationale, le Ministère de la Défense, en se déchargeant de sa responsabilité, obligera le Bureau de Liaison à s’engager dans les préparations nécessaires, tout en donnant l’alerte aux autorités responsables des opérations afin qu’elles commencent les préparations. Le Bureau de Liaison met à charge ,par la suite, les autres départements des forces armées qui seront impliqués, par exemple, la logistique, l’armement, l’ingénierie, le signalement, l’armement biologique et chimique, etc.

Les unités sont déployées durant douze mois. Cependant, une fois en place, le roulement de la moitié d’une unité s’opère tous les six mois, afin d’assurer la continuité durant l’exécution de longues opérations. Des instructions spécifiques à chaque mission sont données aux soldats lors du déploiement.

Les observateurs et l’officier de l’état-major sont déployés durant une période d’un an avant de réintégrer leurs carrières respectives. Cependant, en cas de demande internationale, une exception peut être faite à la règle.

5 ENTRAINEMENT DE PRE-DEPLOIEMENT POUR LE MAINTIEN DE LA PAIX


5.1 Formation des unités

Lorsqu’une instruction et une configuration de groupe sont reçues par le Bureau de Liaison, l’identification et la préparation d’un site d’entraînement approprié et la sélection du personnel commence. Les officiers et les spécialistes sont sélectionnés à partir de groupes existants, selon l’expérience et l’expertise acquises au sein de l’ONU. Un nombre suffisant d’interprètes sera attaché à chaque unité. Le processus de formation des unités s’achève au bout de deux à trois semaines. Seuls les meilleurs éléments seront sélectionnés pour une mission de maintien de la paix. Toutefois, en cas d’urgence, une unité existante, peut être préparée pour une mission spéciale de maintien de la paix par un processus accéléré.

5.2 Programme de l’entraînement de pré-déploiement

Le cursus de pré-déploiement comprend 110 heures d’entraînement étalées sur une période de deux à trois semaines. Il comprend un cours de perfectionnement des mécanismes militaires de base, tels que:
  • entraînement physique;
  • surveillance, escorte et manoeuvres
  • observation
  • orientation et navigation;
De plus, l’entraînement des Nations Unies fait partie intégrale de l’entraînement de pré-déploiement. La partie consacrée à l’ONU occupe approximativement un tiers de la durée totale de l’entraînement. L’entraînement de l’ONU est facilité par le Bureau de Liaison. Il comprend des sujets, tels que, des cours d’Anglais, de géopolitique sur la région de la mission, des présentations sur le mandat, sur les règles d’engagement, sur les aspects psychologiques et la gestion du stress personnel, ainsi que la reconnaissance des mines.

Il y a aussi une période d’adaptation à l’équipement spécifique à la mission et au type d’opération.

5.3 Validation de l’entraînement et remise à niveau

A la fin de l’entraînement de pré-déploiement, le groupe est soumis à un processus d’évaluation stricte, qui est conduit au plus haut niveau par le Chef de l’Etat Major. Si le groupe, ou une partie du groupe, n’obtient pas les résultats nécessaires, le cycle d’entraînement spécifique sera repris. Ce processus peut être répété plus d’une fois si nécessaire, jusqu’à ce que le groupe reçoive une évaluation positive pour le déploiement. Le Bureau de Liaison fourni le matériel et les publications appropriés au groupe des officiers afin de permettre l’entraînement au sein du groupe.

6 LE CENTRE DU CAIRE DE FORMATION A LA RESOLUTION DES CONFLITS ET AU MAINTIEN DE LA PAIX EN AFRIQUE


Le Centre d’Entraînement du Caire de formation à la Résolution des Conflits et au Maintien de la Paix en Afrique a organisé deux cours sur le maintien de la paix et la résolution des conflits. Le premier cours traitant du maintien de la paix, s’est déroulé en juin 1995, pour les pays Anglophones, avec la participation de 14 étudiants, essentiellement des officiers militaires, venant de sept pays différents. Ils ont passés trois semaines à l’Académie Militaire et une semaine à l’Institut d’Etudes Diplomatiques. Trois semaines ont été vouées au maintien de la paix et une à la diplomatie préventive. Le second cours, sur la diplomatie préventive et la résolution des conflits, s’est déroulé en mars/avril 1996 pour les pays Francophones, avec la participation d’étudiants venant de 23 pays.

Le deuxième cours a consacré trois semaines à la diplomatie préventive et une au maintien de la paix. Trois diplomates de haut niveau y ont participé (Ambassadeurs, directeurs, et conseillers), et un seul officier militaire (de Guinée Bissau). Bien que le cours soit dirigé exclusivement vers les étudiants africains, les ressources humaines ont été fourni par des pays tels que la France, la Suisse, et le Canada, ainsi que des représentants des Nations Unies et de l’OUA. Les Vingt-deux étudiants du dernier cours sont venus de 18 pays différents. Le centre d’intérêt et la méthodologie du cours ne sont pas seulement de nature académique, mais principalement dirigés vers l’apprentissage. Le Ministère de la Défense comprend une cellule de gestion des crises qui a été utilisée pour les exercices pratiques.

Le Centre du Caire est unique parce qu’il combine l’entraînement sur le maintien de la paix et la diplomatie préventive en un seul cours. Le centre d’intérêt primaire varie entre les deux, en fonction de:
  • la composition du groupe d’étudiants (principalement des officiers militaires ou des diplomates); et de

  • la nature de besoins d’entraînements déterminés par des crises imminentes ou existantes sur le continent Africain.
Le prochain cours pour les pays Anglophones, est prévu pour novembre 1996.

Lorsque le Centre du Caire sera fermement établi, l’objectif à atteindre est d’entraîner 200 étudiants sur quatre cours par an. L’intention est aussi de rassembler des étudiants Anglophones et Francophones en même temps, afin de promouvoir la coopération, et la perception que le Centre offre le même niveau et la même quantité d’entraînement, aux deux partis sur le continent. Le Centre tente de développer des accords de coopération avec d’autres institutions de maintien de la paix et de résolution des conflits, telles que le “Pearson Peacekeeping Center”, le “United Kingdom Staff College” à Camberly, et “The Austrian Peace Academy”, à Vienne.

Le Centre s’apprête à travailler en coopération serrée avec le Mécanisme de Prévention de Gestion et de Résolution des Conflits de l’OUA. Le Centre cherche à concentrer ses cours vers des sujets de prévention et de résolution des conflits, dans lesquels l’OUA est impliquée. La proche collaboration entre les différents instituts nationaux engagés dans la diplomatie préventive et le maintien de la paix en Afrique est de même jugée nécessaire. Un protocole a été signé entre les ministères des Affaires Etrangères (MAE) et celui de la Défense afin d’utiliser les capacités des deux ministères pour la présentation des cours.

Le Directeur Général du Centre est un Ambassadeur du Ministère des Affaires Etrangères, et il est subventionné par le budget du MAE. Le Centre, qui doit être rénové est adjacent à l’Institut des Etudes Diplomatiques (IDS). Les subventions pour les rénovations, ainsi que la structure organisationelle, le personnel et les coûts opérationnels, sont dépendantes d’une approbation du Premier Ministre Egyptien.

Le personnel permanent consistera d’un nombre limité de personnes (pas plus de quinze), qui sera completé par des maîtres de conférence invités, choisis parmis un large groupe de personnes ayant une expérience pratique dans les secteurs du maintien de la paix et de la diplomatie préventive.

Le centre aura un conseil d’administration composé de cinq membres du Ministère des Affaires Etrangères et de cinq membres du Département de la Défense. Le président du comité sera le Ministre des Affaires Etrangères. Le Centre sera composé de trois départements:
  • le Département d’Entraînement;

  • le Département de Mobilisation des Ressources (sous la direction du Ministère des Affaires Etrangères); et

  • le Département des Finances et de l’Administration.
La première série de cours du Centre du Caire s’est déroulée au Nasser Higher Military Academy, et à l’Institut d’Etudes Diplomatiques (IED) du 3 juin au 29 juin 1995. Le cours était centré sur la dimension militaire des opérations de maintien de la paix, mais la première semaine était réservée aux aspects politico-diplomatique. Le cours s’est achevé avec un exercice de commande durant trois jours, basé sur la capacité de gestion en cas de situation d’urgence. En particulier, le cours a examiné des sujets tels que:
  • la structure, les fonctions et le processus de décision des Nations Unies;

  • l’évolution des opérations de maintien de la paix par l’ONU;

  • le rôle de l’OUA en Afrique et les développements concernant l’institution d’une division/département de gestion des conflits;

  • la diplomatie préventive;

  • le Droit International des Conflits Armés;

  • la médiation et la négociation;

  • la gestion de crise et la résolution des conflits en Afrique;

  • les exemples de conflits ethniques en Afrique;

  • la transition démocratique en Afrique;

  • les procédures de supervision du processus électoral;

  • le rôle des agences civiles et des organisations non-gouvernementales dans les opérations de maintien de la paix contemporaines;

  • les leçons tirées du maintien de la paix en Afrique (Liberia, Somalie);

  • les opérations de maintien de la paix (histoire, légalité, directives);

  • coopération civile-militaire pour les opérations de maintien de la paix;

  • les opérations humanitaires;

  • le système de logistique des Nations Unies;

  • les médias et les relations publiques;

  • l’importance de l’apprentissage de la langue Anglaise et de la familiarisation avec la terminologie;

  • les problèmes sanitaires sur le terrain;

  • les règles générales de communication et de traitement des messages;

  • les devoirs de l’Etat Major;

  • la topographie et le marquage des cartes;

  • les patrouilles et rapports;

  • les responsabilités et les devoirs des officiers de commande;

  • l’accoutumance avec l’armement et l’équipement étranger;

  • le contrôle des mouvements de troupes;

  • l’escorte de convois et la protection;

  • les leçons des missions de l’ONU (UNOSOM).
L’IED a joué un rôle important dans la présentation des deux premiers cours de quatre semaines sur le maintien de la paix et la résolution des conflits, parce que le Centre du Caire a une existence defacto plutôt que dejure. Ainsi, le deuxième cours (en mars 1996), par exemple, s’est déroulé à l’institut. L’objectif de ces cours est de contribuer à la clarification et à la définition du concepte de la diplomatie préventive et de son application dans le continent Africain. Cet objectif est suivi à travers trois éléments principaux:
  • la compréhension des principes généraux de la résolution des conflits, ainsi que la notion de diplomatie préventive, évoquée par le Secrétaire Général de l’ONU, Boutros Boutros-Ghali, et les différents concepts de diplomatie préventive en Afrique;

  • la compréhension de la nature du conflit interne en Afrique, ses causes, facteurs, etc.; et

  • la compréhension de la structure et du rôle des organisations Africaines dans la résolution des conflits, du niveau sous-régional (ECOWAS, SADC) à l’OUA et son mécanisme récent de Prévention, Gestion, et Résolution des Conflits.
Le programme du séminaire sur la résolution des conflits comprend ainsi, des aspects de la diplomatie préventive, l’établissement et le renforcement de la paix, le désarmement, les sanctions, et de leurs relations avec le concept de gestion des situations de crise. De façon plus spécifique, les sujets suivants sont examinés en détail:
  • un examen de conflits actuels et latents, des conflits en cours de résolution, et des conflits résolus qui pourraient potentiellement recommencer;

  • les types de conflits internes, les conflits ethniques (nature et causes), les facteurs exacerbants (crise sociale, démocratisation, etc.);

  • les crises politiques internationales et la confusion qui accompagne le processus de démocratisation, et son impact sur les rivalités ethniques;

  • les méthodes de prévention des conflits: légitimité de l’état, la mobilisation de la société civile, le contrôle des élections, la transformation des forces armées, la liberté de la presse;

  • les méthodes de contrôle des crises politiques: la constitution, les bons offices de personnalité;

  • l’établissement d’un équilibre entre les principes du gouvernement par la majorité et ceux de la protection des minorités; et

  • le rôle des organisations panafricaines.
Bien que le gouvernement Egyptien couvre toutes les dépenses des étudiants, le rôle de pays tels que la France, le Canada, et la Suisse en pourvoyant des ressources humaines de haut niveau (conférenciers), a contribué de façon fondamentale au succès de ces cours. S’il est vrai que ces cours soient très coûteux, il est évident que nul compromis au niveau de l’accueil et du voyage ne peut être accepté, si la qualité et la supériorité des participants doivent être maintenues.

7 L’INSTITUT D’ETUDE DIPLOMATIQUE


L’IED a été établi en 1966, afin de former des diplomates Egyptiens ainsi qu’étrangers. De façon plus spécifique l’Institut espère:
  • transmettre une formation théorique et pratique;

  • entreprendre des recherches et des études en politique extérieure, et affaires internationales; et d’

  • organiser des conférences diplomatiques, des séminaires, et des tables rondes.
Mis à part sa participation sous l’auspices du Centre du Caire, l’IED a inclus le sujet du maintien de la paix et de la résolution de conflits dans sa formation d’un an qu’il propose à tout jeune diplomate. Un module est également consacré à l’étude des conflits ethniques. L’IED a rempli un large vide et a répondu a un besoin essentiel aussi bien dans les arènes diplomatiques Arabes qu’Egyptiennes. Cela s’étend à des sections de formation comprenant des diplomates venant d’Asie, d’Europe et d’Amérique Latine, en coopération avec des instituts similaires dans le monde.

8 L’AUTORITE DE LIAISON AVEC LES ORGANISATIONS INTERNATIONALES

8.1 Historique du cours d’Observateurs Militaires et Officiers d’Etat Major

LAWIO entreprend un cour intensif pour les observateurs militaires et les Officiers de l’état-major. L’objectif de ce cours est de préparer et d’entraîner des officiers sélectionnés pour l’emploi en tant qu’Observateur Militaire et Officier du Personnel, pour les missions de maintien de la paix des Nations Unies. Le but du LAWIO est de créer une réserve d’officiers qualifiés prêts à être déployés dans des missions de maintien de la paix de l’ONU, ou de participer au plan national de roulement des unités.

Le cours des observateurs militaires et des officiers de l’Etat-Major est composé de trois phases distinctes:
  • La phase de sélection [6 semaines];
  • La phase d’entraînement Général [6 semaines]; et
  • La phase d’entraînement précédent la mission [1-2 semaines];
LAWIO est le point central pour la formation, en particulier vis à vis de sa planification et de sa supervision. Un entraînement spécialisé est pris en charge par certains instituts et écoles militaires lorsque les étudiants acquièrent une expérience pratique de valeur, en étant attachés au UNTruce Supervision Organisation (UNTSO) et au Multilateral Force and Observers (MFO) pendant un certain temps.

Le matériel d’entraînement pour le cours comprend une large varieté de publications de l’ONU, des cassettes videos et des rapports:
  • Les Procédures normales (SOP) pour les opérations de maintien de la paix;

  • Des séries de videos sur l’entraînement au maintien de la paix de l’ONU;

  • Les manuels du maintien de la paix de l’ONU;

  • Le cour d’Observateur Militaire de l’ONU;

  • Les manuels d’Observateur Militaire de l’ONU;

  • Le manuel des conseillers de l’équipe d’entraînement à l’assistance au maintien de la paix de l’ONU;

  • Le Manuel de gestion du stress.
8.2 La Phase de sélection

L’objectif de cette phase est d’évaluer les capacités des officiers candidats afin de choisir les officiers adéquats au service dans les opérations du maintien de la paix de l’ONU. La durée totale de cette phase est de six semaines, divisée de la façon suivante:
  • Vérification médicale, physique et psychologique [1 semaine]

  • Evaluation de la pratique de la langue Anglaise ( English Language Institute) [2 semaines]

  • Evaluation de la conduite (Military Driving Centre) 1 semaine]

  • Evaluation de la topographie et de la lecture de carte (Military Topography School) [1 semaine]
Cette phase se termine avec un interview par un comité de LAWIO pour la sélection finale des officiers candidats. Le comité évalue le potentiel de chaque officier en tant qu’Observateur Militaire, selon sa performance lors de l’évaluation précédente et à l’entretien. Ce dernier examine: l’information générale et l’histoire du candidat, la conversation en Anglais; les procédures de communications de l’ONU, et les réactions potentielles aux différentes situations dans la région de la mission. Les candidats choisis passent ensuite à la phase d’entraînement général, tandis que ceux qui sont recalés retournent à leur détachements.

8.3 La Phase d’Entraînement Général


L’objectif de cette phase est de préparer et de former les officiers sélectionnés aux fonctions des Observateurs Militaires et des officiers de l’état-major dans les missions de maintien de la paix de l’ONU, de la façon suivante:
  • un cour de reconnaissance des mines (instruction donnée par des officiers expérimentés de l’Institut d’ingénierie basé sur l’information concernant les différents types de mines et pièges placés dans divers endroits autour du monde, et particulièrement dans les régions des missions de l’ONU) [1 semaine]

  • un cour sur les procédures de communication (instruit par les officiers expérimentés dans le “Signal Institute of the Armed Forces” (Institut du Signalement des Forces Armées), suivant les procédures et règles du système de communication de l’ONU et l’équipement utilisés dans les secteurs de missions de l’ONU) [1 semaine]

  • connaissance informatique (instruit par les officiers spécialisés dans la gestion d’informations des Forces Armées,

  • L’entraînement des Nations Unies [2 Semaines]

L’entraînement des Nations Unies est dirigé par LAWIO, selon le curriculum suivant:
  • Histoire du maintien de la paix (Charte de l’ONU, Organisation, Prise de décision, Code de Conduite);

  • Devoirs UNMOS (Observation, Patrouille, Inspection, Investigation, Vérification, Négociation, Médiation, Liaison, Rapport, Escorte, Reconnaissance des Armes,

  • Entraînement des Officiers d’Etat Major (Structure de l’Etat Major/ Processus de Planification, Devoirs et Responsabilités du Personnel),

  • Communication (Equipement, Procédures Orales, Traitement des Messages);

  • Santé et Hygiène (individuelle, nourriture et eau, ordures, maladies);

  • Mécanismes de Protection Individuelle (Détention, Embuscade, Attaque, et détournement);

  • Administration (salaires et allocations, congés, assurance de l’ONU et Nationale);

  • Aspects Légaux des opérations de maintien de la paix de l’ONU; et

  • Droits de l’Homme.
Après avoir complété la phase II avec succès, les candidats retournent dans leurs unités et reprennent leurs activités habituelles jusqu’à ce que leur déploiement soit nécessaire en tant qu’ Observateurs Militaires ou Officiers de l’Etat-Major. Puis ils retournent à LAWIO pour la phase III (l’entraînement précédent la mission)

8.4 Entraînement pour la mission

Le but de cette phase est de préparer les officiers séléctionnés au déploiement en tant qu’Observateurs Militaires ou d’Officiers de l’Etat Major lors d’opérations spécifiques de maintien de la paix par l’ONU:
  • Compte rendus Géopolitique (Histoire du Conflit, Belligérents, Géographie/ Culture/ Economie, Système Politique, Religions, Langues, Menace/ Influences Externes);

  • Mandats / Missions;

  • Modèle des Nations Unies,

  • Visite du Terrain.

  • Ces visites incluent des tours à UNTSO et MFO, où les candidats ont l’opportunité de s’entraîner en situation réelle.
Entre 40 et 60 officiers participent à la phase de séléction de chaque cours des observateurs militaires et des officiers de l’état major. En moyenne 30 à 40 réussissent la deuxième phase. La plupart des candidats non-séléctionnés sont renvoyés dans leurs unités à cause de leurs lacunes en anglais.

Le premier cours de la Phase 1 a été organisé par LAWIO en 1993. Le cours a, par la suite, été étalé sur les trois phases présentes, et son contenu rafiné. Le 11e cours se déroule actuèlement, et le 12e est prévu pour le 15 aôut 1996.

Il y a deux cours par an. En cas de besoin, LAWIO pourait programer deux cours supplémentaires par an. Jusqu’à présent, aucun étudiant étranger n’a participé au cours, aucune demande n’a d’ailleurs été faite à ce sujet par des gouvernements étrangers. Cependant, le Chef LAWIO, a indiqué que toute requète de cette nature serait prise en consideration. Il est évident que la phase de sélection devra être prise en charge par le pays en question selon les standards de LAWIO.

Afin d’augmenter la prise de conscience des dynamiques du maintien de la paix contemporain, LAWIO a prévu d’introduire un cours de familiarisation pour les jeunes officiers. Le premier cours se déroulerait pendant deux semaines avec environ 30 officiers et a été programmé pour novembre 1996.

9 ENTRAINEMENT AU MAINTIEN DE LA PAIX SUPPLEMENTAIRE


L’ entraînement des Observateurs Militaires et des Officiers d’Etat Major, dirigé par LAWIO et complété par l’expérience pratique d’officiers qui ont été déployés lors d’opérations de l’ONU, ainsi que par la présence d’officiers ayant participé à des cours d’entraînement à l’étranger. Des officiers Egyptiens ont participés aux cours suivants: UNSOC (Suède); UNMOC (Finlande); UN LOG (Norvège); UNMOC & UNSOC (Autriche), UNMOC & UNSOC (Allemagne). De plus, les officiers sont encouragés à participer à tout séminaire et atelier traitant des activités de maintien de la paix de l’ONU.

Le maintien de la paix ne fait pas parti du programme du Collège de l’Etat Major. Cependant, des conférenciers sont invités pour présenter des sujets liés aux missions de maintien de la paix de l’ONU, pour le programme des cours de l’ Etat Major. Il est envisagé qu’un module sur le maintien de la paix par l’ONU, sera conçu par le Centre du Caire pour faire partie du programme formel.

Les Forces Armées Egyptiennes ont aussi participé à un entraînement de l’ONU avec d’autres pays. En 1995, un exercice de commandement au niveau de la compagnie s’est déroulé conjointement avec le Royaume Uni. En 1996, un exercice tactique au niveau des Bataillons a été prévu avec les Pays Bas. Un autre exercice est prévu avec le Royaume Uni pour 1997, avec la participation probable des USA en tant qu’observateurs.

10 COMMENTAIRES ET RECOMMANDATIONS PAR PAYS


Quelques difficultés, notamment d’ordre budgétaires, ont été reconnues dans l’établissement du Centre du Caire en tant que centre d’excellence permanent pour l’Entraînement à la Résolution des Conflits et au Maintien de la Paix en Afrique.

Toute assistance, serait appréciée par les autorités, qu’elle soit sous forme financière, d’échange de personnel ou de développement du curriculum.

Une inquiétude a été exprimée quant à l’attention, jugée excessive, reçue par les groupes au niveau régional, tels que SADC et EGARD, pouvant nuire a l’Organisme Central de l’OUA.

Il a été recommandé qu’un système d’échange d’information entre les centres d’entraînement au maintien de la paix soit développé, au niveau international et plus particulièrement en Afrique. Ce dernier devrait être coordonné par l’Organisme Central de l’OUA afin de consolider le système et d’éviter la confusion et la duplication des efforts. Dans l’idéal, ce type de coordination devrait être intensifié pour couvrir tous les efforts internationaux voués à l’amélioration de l’entraînement au maintien de la paix.

Il a été suggéré que l’OUA ait un rôle important dans la coordination des initiatives internationales, telles que celles des Français, des Britanniques, et des pays Nordiques, afin d’améliorer l’efficacité d’une aide et de progresser vers une standardisation de l’entraînement au maintien de la paix sur le continent. Cela pourrait inclure l’établissement de critères pour les efforts liés à l’entraînement au maintien de la paix au niveau de l’OUA.

Il a aussi été recommandé que lors de cours de maintien de la paix se déroulant au niveau régional, un pourcentage défini des étudiants viennent d’autres régions en Afrique.

Un besoin a été exprimé pour l’échange d’information et d’expertise au niveau international mais plus particulièrement en Afrique. Le point de départ d’un tel échange devrait être un séminaire ou une série de séminaires, de 3 à 5 jours, organisés par l’OUA, pour les représentants expérimentés de tous les centres et instituts qui sont concernés directement par la conduite et l’évolution de l’entraînement et la préparation pour les opérations de maintien de la paix. Le premier séminaire de ce genre devrait chercher à articuler et expliquer tous les programmes existants, en mentionnant les secteurs de spécialisation de chaque institut. Cette information pourrait être, par la suite, utilisée pour la formulation de propositions sur une meilleure répartition du personnel qui améliorerait la standardisation et permettrait l’établissement de centres régionaux d’excellence.