ANNEXE F

ENTRAINEMENT DU NIGERIA AUX OPERATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX


Les Capcites Africaines d'Entrainement aux Operations de Maintien de la Paix


1 INTRODUCTION


L’équipe d’évaluation visita le Nigeria entre le 21 et 23 octobre 1996. Le détail de l’itinéraire se trouve en annexe J.

2 PORTEE


Le rapport sur l’entraînement au maintien de la paix du Nigeria est présenté de la façon suivante:
  • historique;
  • entraînement militaire;
  • recherche et entraînement des civiles; et
  • commentaires et recommandations par le pays hôte.

3 HISTROQUE


3.1 Contributions aux Opérations de Maintien de la Paix (passées et présentes)
  • Congo (ONUC) 1960-1964, bataillon;
  • Nouvelle Guinée (UNSF) 1962-1963, observateurs militaires;
  • Tanzanie (accord bilatéral) 1964, Bataillon;
  • Inde-Pakistan (UNIPOM) 1965-1966, observateurs militaires;
  • Liban (UNIFIL) 1978-1983, Bataillon et officiers de l’Etat Major;
  • Tchad (HARMONY II, OUA) 1982-1983 Bataillon et officiers de l’Etat Major;
  • Iran-Iraq (UNIIMOG) 1988-1991, observateurs militaires;
  • Liberia (ECOMOG) 1990
  • Irak-Koweït (UNIKOM) 1991, observateurs militaires;
  • Angola (UNAVEM II) 1991-1992, observateurs militaires;
  • Sierra Leone (NATAG) 1991;
  • Angola (UNAVEM III) 1992-1995, détachement;
  • Namibie (UNTAG) 1989-1990, observateurs militaires;
  • Sahara Occidental (MINURSO) 1991, observateurs militaires;
  • Cambodge (UNTAC) 1992-1993, observateurs militaires;
  • Somalie (UNOSOM) 1992-1994, Bataillons et officiers de l’Etat Major;
  • Ex-République Yougoslave (UNPROFOR) 1992, Bataillon et officiers de l’Etat Major;
  • Mozambique (ONUMOZ) 1992, observateurs militaires,
  • Ruanda (UNAMIR) 1993, Bataillon,
  • Gambie (NATAG) 1993, Equipe d’Entraînement;
  • Bande d’Aouzo (UNASOG) 1994, observateurs militaires; et
  • Israël (UNTSO) 1995, observateurs militaires.
3.2 Evolution de la formation en maintien de la paix: l’expérience du Nigeria

La formation en matière de maintien de la paix au Nigeria date de 1960 lorsque l’Armée Nationale et la Police furent invitées à participer dans les opération de maintien de la paix des Nations Unies au Congo. La formation commença alors afin de préparer les unités qui devaient entreprendre des tours obligatoires dans la région de la mission. L’entraînement initial était un entraînement de base, de nature stratégique et fut mené à l’emplacement des unités avant embarquement. Cet entraînement ce concentra principalement sur des techniques de base telles que, patrouille, lecture de carte, postes d’observation, détection de mines, techniques de communication, barrages routiers, premiers secours, santé sur le terrain et les Conventions de Genève.

En 1978 lorsque le Nigeria fut invité à participer dans une opération de maintien de la paix au Liban, il était devenu clair que l’engagement serait plus important qu’au Congo. Un engagement plus important en terme d’équipement, communication, personnel et fonctions opérationnelles fut attendu de la part du Nigeria lors de l’opération au Liban. Pendant cette opération, Ingénierie/Manoeuvres et gros travaux de construction, détection de mines, purification de l’eau, amélioration des voies d’accès/routes, établissement de points d’eau, ponts aériens pour le matériel et le personnel par l’armée de l’air et de terre sont des exemples de l’ampleur de l’engagement dans cette opération. Ainsi, les forces armées du Nigeria devaient s’embarquer dans un entraînement intermédiare afin d’améliorer leurs performances. Cet entraînement eut lieu à l’école d’infanterie ainsi qu’au collège de l’état major à Jaji et comprenait la formation au commandement.

La participation des forces armées du Nigeria dans les opérations au Tchad et au Liberia s’ajoute à l’expérience acquise. La mission au Tchad impliqua uniquement l’armée de terre et de l’air, alors que l’initiative de l’ECOWAS dans ECOMOG au Liberia impliqua les trois secteurs de l’armée (terre-mer-air). Au Liberia, les troupes d’ECOMOG ont dû intervenir avec force et sont ensuite restées sur place pour la phase de rétablissement et de consolidation de la paix. Depuis la crise du Congo, il y a eu une amélioration considérable dans la formation en matière de maintien de la paix qui est devenue plus professionnelle. En effet, les forces armées du Nigeria peuvent être comparées avec celles de n’importe quelle autre pays, surtout en ce qui concerne leur contribution au maintien de la paix.

La qualité du maintien de la paix par le Nigeria c’est améliorée , et la taille de la contribution en effectif a aussi augmenté en partant d’un bataillon au Congo, à une division au Liberia. L’expérience acquise en maintien de la paix par le Nigeria pendant les opérations au Tchad et du Liberia fut unique car il s’agissait des premières opérations mises sur pied par l’OUA et ECOWAS, l’organisation régionale. Les leçons apprises sont nombreuses et les problèmes auxquelles les missions se sont confrontées sont entre autre:
  • absence de mandat clairement défini pour les forces armées;
  • le rôle du Secrétaire Général de l’ONU manque de clarté;
  • contingents placés sous commandement séparé;
  • systèmes de communication peu fiable;
  • incapacité de fournir la logistique et le support financier aux forces armées;
  • absence de volonté politique de la part des gouvernements; et
  • commandement trop faible.
Avant la crise du Congo, la plupart des conflits étaient interétatiques et avaient un rapport avec des disputes à propos de territoire que les observateurs de l’ONU non-armés pouvaient facilement contenir. L’opération des Nations Unies au Congo apporta un changement important, car non seulement les troupes étaient déployées à l’intérieur des frontières, mais elles disposaient de matériel militaire plus signifiant. Par la suite, les principes de non-intervention et d’autodéfense changèrent de façon radicale, et ceci fini par aboutir à l’insertion de troupes armées pour rétablir la paix comme dans ECOMOG, et par conséquent, une formation plus importante est attendue de la part des nations participantes.

Le Nigeria a non seulement pris part à 20 opérations de maintien de la paix depuis 1960, mais a aussi formé onze commandants des forces pendant cette période. Cette expérience a été utilisée de façon intensive dans la formation et la préparation des nouvelles générations de contingents au maintien de la paix.

4 ENTRAINEMENT MILITAIRE AU MAINTIEN DE LA PAIX


4.1 Approche générale

L’Armée du Nigeria est historiquement la branche la plus impliquée dans les opérations de maintien de la paix. La capacité et l’expérience en matière de formation se trouvent pour la plupart au sein même de l’armée. La stratégie d’entraînement au maintien de la paix du Nigeria est basée sur un programme établit par l’Ecole Militaire Nationale, le Centre de Recherche sur la Paix et la Résolution des Conflits, l’Académie Diplomatique et l’Institut International pour la Paix, ainsi que par d’autres institutions telles que l’Ecole d’Infanterie, le Collège de l’Etat Major, l’Ecole de Police. Le choix de l’institution est déterminée par les disponibilités de l’espace d’entraînement, le besoin d’utiliser des infrastructures existantes afin de minimiser les coûts, et le niveau d’entraînement requis.

Les différents centres de logistique, c’est à dire, Ravitaillement, Transport, Ordonnance Médicale, et Ingénieures en Electromécanique, offrent une formation pour le support logistique des troupes dans les situations de combat et de maintien de la paix. L’Ecole Logistique de l’Armée offre une formation qui est dirigée vers l’augmentation des sous-unités tels que des bataillons ou compagnies, des unités de transport, pour le soutien des opérations militaires.

4.2 L’Ecole Militaire Nationale (EMN)

L’EMN sert de centre de recherche pour la paix et de coordination pour l’entraînement au maintien de la paix au Nigeria. Ceci s’ajoute à sa mission de former “les officiers des forces armées et leurs homologues civiles à des tâches de commandement plus élevées...”

Dans son rôle de coordination, l’école est responsable pour:
  • la coordination de l’entraînement au maintien de la paix dans l’ensemble de l’armée du Nigeria;

  • la liaison avec d’autres institutions s’occupant de maintien de la paix;

  • la liaison avec les quartiers généraux de l’armée au sujet de la formation en maintien de la paix;

  • la révision des programmes d’entraînement en accord avec l’expérience acquise au cour des missions;

  • la recherche sur les opérations de maintien de la paix; et

  • la liaison avec l’Institut International de Formation sur la Paix (ITIP) ainsi qu’avec la Fondation Sani Abacha pour la Paix et l’Unité qui a été établie récemment.
La formation en maintien de la paix de l’EMN est basée sur des cours, discussions, séminaires, exercices, recherches et jeux de guerre. Le cour est destiné à des officiers supérieurs du Nigeria et d’autres pays, ainsi qu’à leurs homologues dans les départements du gouvernement.

Le programme en maintien de la paix de l’Ecole Militaire comprend:
  • les principes et l’histoire du maintien de la paix;
  • les dimensions légales du maintien de la paix;
  • la politique et l’économie du maintien de la paix;
  • l’opération de maintien de la paix en tant qu’opération militaire;
  • stratégies;
  • les dimensions internationale et multinationale du maintien de la paix;
  • les ONG, le CICR et les opérations de maintien de la paix;
  • conflits en Afrique, le rôle de l’OUA et des organisations sous-régionales;
  • Mécanisme de prévention, gestion et résolution des conflits de l’OUA
  • la capacité régionale et globale du Nigeria pour le maintien de la paix; et
  • la négociation.
Les jeux de guerre font partie intégrale de l’entraînement de l’école militaire, et sont utilisés pour la conduite d’exercices en maintien de la paix au niveau des quartiers généraux. La bibliothèque de l’école dispose de matériel de réference sur les Etudes Stratégiques et sur la paix.

4.3 Le centre de recherche sur la paix et la résolution des conflits de l’école militaire.

Le Nigeria créa ce centre en 1996 en réponse à un besoin d’élargir les approches en matière de prévention, gestion et résolution des conflits dans un environnement géostratégique différent depuis la fin de la guerre froide.

La mission et les objectifs de ce nouveau centre comprennent:
  • transmettre aux officiers des forces armées, à leurs homologues civiles ainsi qu’aux officiers de la police, les connaissances sur les causes des conflits et les moyens de surveillance et de prévention de ceux-ci.

  • organiser et encourager la recherche au niveau national, régional et international sur les origines du conflit et sa prévention, surveillance, gestion et résolution;

  • documenter le rôle et la contribution du Nigeria au maintien de la paix ainsi qu’au maintien de la sécurité et de la paix au niveau international;

  • développer des programmes de formation en maintien de la paix pour les forces armées;

  • contribuer à la préparation du personnel de commandement et de soutien;

  • organiser des conférences, études, et séminaires sur des sujets de défense et de sécurité; et

  • utiliser les contributions des officiers du Nigeria qui ont participé à des rencontres internationales, ainsi que les ressources de chercheurs internationaux.
4.4 Ecole de l’Etat Major et du Commandement

Cette institution fut établie afin de développer chez les officiers sélectionnés, la connaissance et la compréhension des fonctions de commandement et d’Etat major, y compris ceux inclus dans les opérations de maintien de la paix. Depuis le début, le collège a admis des officiers d’autres pays africains tels que Ghana, Sierra Leone, Tanzanie, Zimbabwe, ainsi que d’autres tels que la Guyane et la République de Corée.

Le cour de 10 mois comprend une section dédiée au maintien de la paix qui dure 2 semaines. Cette formation est offerte aux officiers des forces armées du Nigeria et à leurs homologues civiles du ministère de la défense. Le cour sur le maintien de la paix débute avec des sujets choisis traitant de l’ONU/OUA, et se termine avec un exercice pratique en maintien de la paix qui inclu les trois corps de l’armée. Cet exercice est conçu afin d’étudier les problèmes de commandement dans les opérations multinationales de maintien de la paix de l’ONU.

Le programme du cour comprend:
  • historique des Nations Unies;
  • la Charte, La structure et l’organisation de l’ONU;
  • organisation et rôles des principales agences spécialisées de l’ONU;
  • l’évolution des Nations Unies face au changement du contexte international;
  • origines de l’adhésion des Etats africains;
  • contributions africaines au système onusien;
  • perspectives d’une influence africaine sur le Conseil de Sécurité;
  • le rôle de l’ONU dans la stabilité politique et le développement économique de l’Afrique;
  • histoire, concept et conduite des opérations de maintien de la paix des Nations Unies;
  • leçons apprises des opérations passées et présentes;
  • dynamiques et avenir du maintien de la paix contemporain;
  • histoire de la coopération en matière de sécurité régionale avant la création d’ECOMOG; et
  • analyse de l’histoire, l’évolution et les perspectives d’avenir d’ECOMOG.
La dimension internationale de la formation est complétée par une semaine supplémentaire de cours sur le droit humanitaire international qui est donné par le CICR.

La plupart du personnel de direction de l’école de commandement a de l’expérience dans divers opérations de maintien de la paix de l’ONU ou régionales. La plupart des étudiants du Nigeria ont aussi participé à des opérations de maintien de la paix, plus particulièrement avec ECOMOG.

La bibliothèque de l’école est bien fournie avec des livres, journaux et études sur les opérations de maintien de la paix. L’Ecole de l’Etat Major a également une grande salle de lecture, un nombre adéquat de salles, ainsi que des moyens de logement pouvant accueillir 160 étudiants. L’Ecole est équipée de projecteurs, rétroprojecteurs et d’ordinateurs.

4.5 Ecole et Centre d’Infanterie (ECI)

ECI est impliquée dans la formation des officiers et des soldats ainsi que du personnel paramilitaire au niveau opérationnel le plus bas. Cette institution fourni l’entraînement de base aux officiers et soldats d’infantrie, alors que les différentes écoles des corps d’armée assurent l’entraînement au maintien de la paix de l’appui logistique au soutien pendant les combats.

ECI est dirigée par un Commandant (Général) qui est assisté par un sous-directeur (Colonel). Les branches administratives et de logistique sont chacune dirigée par un officier de premier grade dont les devoirs et obligations sont coordonnées par un officier supérieur du rang de colonel.

Il y a une Equipe d’Entraînement formée des représentants des corps de combat de l’armée. Il existe 9 branches principales et 3 unités de support à la formation.

4.5.1 Cours pour jeunes officiers

Le cour des jeunes officiers dure 13 semaines et est destiné uniquement aux jeunes subalternes, surtout les officiers qui viennent d’être nommés. C’est à ce niveau que les cours sur le maintien de la paix sont conduits de façon plus pratique. Les jeunes officiers, qui ont déjà été introduit au maintien de la paix, sont ainsi exposés aux conditions opérationnelles des missions de maintien de la paix.

La formation se concentre sur:
  • barrages routiers;
  • points de contrôle;
  • escortes;
  • surveillance des points clefs de postes vitaux;
  • cordon et fouille;
  • techniques de communications;
  • lecture de carte;
  • patrouille;
  • embuscades; et
  • impartialité et neutralité du maintien de la paix.
L’entraînement à ce niveau se raccorde avec celui présenté au cour pour les commandants de compagnie. Chaque officier qui est nommé en tant que sous-officier, est responsable pour l’entraînement de ses soldats.

4.5.2 Cours pour capitaines de compagnie

La section reservée au maintien de la paix est similaire au cour des jeunes officiers, mais se concentre plus au niveau du groupe de combat. Les autres sujets traités sont:
  • l’origine de la violence en Afrique;
  • l’ONU et la sécurité collective;
  • les organisations internationales et le maintien de la paix; et
  • le rôle des soldats/de la police dans le maintien de la paix.
Cette formation concorde aussi avec celle présentée par l’école de commandement. Ce cours est une condition requise pour pouvoir participer au cour avancé de l’école.

4.5.3 Cours pour commandants

Le cours dure 12 semaines et a lieu chaque année, pour les officiers de support logistique et de combat de l’armée du Nigeria. Des discussions et des cours sur le maintien de la paix, le rétablissement de la paix ainsi que des études sur la paix ont lieu pendant ce cours.

L’attention à ce niveau de formation va au commandement au niveau des unités. Tous les participants entreprennent des exercices pratiques sur des sujets tels que: le problèmes des réfugiés, le contrôle des foules, le droit de la guerre, le type de guerre, etc.

4.5.4 Personnel et équipement

L’Ecole d’infanterie a des instructeurs hautement qualifiés qui ont de l’expérience en maintien de la paix. La proximité des autres centres permet d’utiliser les instructeurs disponibles dans ces centres, notamment l’Ecole de l’Etat Major, l’Académie des Officiers Adjudants qui se trouvent à Jaji et l’Académie Militaire du Nigeria à Kaduna.

Les bibliothèques de l’Ecole d’Infanterie et du Collège d’Etat Major se trouvent toutes deux à Jaji, et disposent de suffisamment de matériel pour le travail académique. L’école a 5 salles de cours (150 places chacune). En plus, l’Ecole d’Infanterie a 35 salles de séminaire. Il y a aussi suffisamment de place pour loger les étudiants. Un centre médical offre une couverture médicale au personnel.

Mise à part l’équipement pour l’entraînement au maintien de la paix au ICS, il existe 5 autres centres d’entraînement utilisés uniquement pour les forces armées. Il s’agit des centres de Kachia, Bauchi, Nsukka et Lanlate.

4.6 Entraînement Maritime pour les Opérations de Maintien de la Paix

Si l’on considère que la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest ont des frontières maritimes, on comprend comment les marines de la région peuvent jouer un rôle important dans les opérations de maintien de la paix. Trois fonctions sont apparues:
  • évacuation par la mer;
  • contrôle maritime; et
  • rétablissement de la paix.
L’entraînement au commandement maritime se charge de la formation au maintien de la paix et se concentre sur des sujets tels que l’évacuation par la mer, soutien de la marine en cas d’intervention forcée, maintien de l’ordre, évacuation des blessés et des morts, et support humanitaire.

Les officiers de la marine sont exposés pour la première fois à l’entraînement au maintien de la paix lors du cours technique pour sous-lieutenants qui comprend des consignes et ainsi que des démonstrations sur tous les aspects des opérations au maintien de la paix. Les concepts de consolidation de la paix, contrôle maritime, surveillance de la navigation et sécurité dans les ports font partie des exercices maritimes. Les cours spécialisés pour les lieutenants comprennent également un ensemble de leçons consacrées au maintien de la paix.

4.7 L’Armée de l’Air et le Maintien de la Paix

Depuis sa création, l’armée de l’air a contribué au maintien de la paix dans la région, notament au Liberia, Tchad, Ruanda, Angola et Somalie; et ailleurs, au Liban, Yougoslavie et au Koweït. La participation de l’armée de l’air dans les opérations de maintien de la paix ont jusqu’ici inclus:
  • pont aériens / transport de troupes;
  • soutien logistique;
  • support tactique, surveillance et travail de liaison;
  • évacuation des blessés et secours;
  • contrôle du trafique aérien et météorologie;
  • sécurité de la base aérienne; et
  • entretien du terrain d’aviation.
Le programme de formation de l’armée de l’air inclu le maintien de la paix à tous les niveaux d’entraînement et peut être trouvé dans les centres suivants:
  • Ecole d’aviation;
  • Ecole d’Ingénieurs;
  • Ecole d’Electronique et de Communication;
  • Ecole de gestion du matériel;
  • Ecole technique pour personnel aérien;
  • Ecole des aiguilleurs du ciel;
  • Ecole de la police de l’air;
  • Ecole d’Hélicoptère;
  • Unité opérationnelle de conversion (C-130H); et
  • Unité opérationnelle d’hélicoptère.
Une formation avancée est proposée par les centres d’entraînement qui font partie intégrale des unités opérationnelles. En plus de cet entraînement, des techniques avancées de communication et de maintien de la paix sont proposées à tous les niveaux.

5 FORMATION DES CIVILES ET RECHERCHE


5.1 Capacité d’Entraînement de la Police Civile

Depuis ses débuts dans les opérations de maintien de la paix au Congo en 1960, la police du Nigeria a contribué de façon signifiante aux efforts en matière de maintien de la paix du pays. La formation en maintien de la paix de la police a lieu dans différents centres. Le but de cette formation est d’informer et de recommander les officiers de police qui vont être impliqués dans les missions des Nations Unies. Cette formation est surtout axée sur les opérations en cour, et comprendà travers des exercices pratiques, l’évaluation des connaissances nécessaires aux devoirs de la police civile de l’ONU.
Un entraînement de base en maintien de la paix est offert par l’Académie de Police et l’Ecole de l’Etat Major de la Police. Ce cours se concentre sur le contrôle du trafique, les enquêtes et autres devoirs de la police. Les contingents de police qui ont été identifiés pour les opérations de maintien de la paix, sont rassemblés ensuite pendant deux semaines pour un cour de perfectionnement, à l’école de police avant de partir pour la zone où a lieu la mission. Le programme de ce cours comprend:
  • l’évolution et l’organisation des Nations Unies;

  • l’organisation et la composition des forces de maintien de la paix;

  • les concepts de maintien de la paix (types d’opérations, devoirs opérationnels, surveillance du retrait des troupes, séparation des forces, etc.);

  • présentation géopolitique du pays où se déroule la mission;

  • code de conduite;

  • mandat de la mission;

  • la structure, l’organisation et les devoirs de la police onusienne (UN CIVPOL);

  • formation linguistique / cours de langues;

  • le droit de la guerre et les droits de l’homme;

  • procédures de la justice criminelle ( arrestation et détention de prisonniers);

  • communications;

  • lecture de carte;

  • assistance humanitaire et coopération avec les ONG; et

  • mesures de sécurité /conditions de sécurité.
5.2 Ecole Diplomatique

Le rôle des diplomates du Nigeria dans les efforts de maintien de la paix est complémentaire à celui de l’armée. L’Ecole Diplomatique forme le personnel civil, plus particulièrement les diplomates, sur différents aspects du maintien de la paix, tels que la prise en charge des réfugiés, les ONG, l’arbitrage et, la négociation.

5.3 Institut internationale pour la paix a Lagos (ITIP)

En réponse à la demande du Secrétaire Général de l’ONU telle que formulée dans l’Agenda pour la Paix, le Gouvernement du Nigeria autorisa la création à Lagos d’un Institut International pour la Paix, comme centre de ressource pour la communauté internationale. L’Institut sert de centre de recherche sur des sujets concernant la nouvelle conceptualisation du maintien de la paix et de la sécurité internationale dans un monde de l’après guerre froide.

Pendant la phase de promotion et de planification, le directeur-général et le personnel principal de l’Institut devaient établir un compendium en cinq volumes définissant les exigences présentes et futures du système de sécurité collective de Nations Unies, ainsi que la capacité de ce système à répondre de façon adéquate à ces exigences. Cette phase a été complétée et chaque membre du système de sécurité collective recevra un exemplaire du compendium.

L’ITIP c’est engagé dans une deuxième phase, qui va inclure le développement d’un cadre pour ses programmes et projets d’étude en matière de formation. Cette phase viendra à la suite du compendium. Les projets seront basés sur des scénarios réalistes reflétant la politique de la puissance étatique, la gestion des conflits et la résolution des conflits. Ces projets comprendront:
  • l’établissement des structures décisionnelles de l’Institut (Conseil d’administration) et la nomination de son personnel international;

  • la présentation des cours de formation qui seront présentés à l’OUA pour commentaires;

  • la mise en application des programmes pour le développement d’une culture des ONG; et

  • l’application des projets déjà présentés pour approbation par l’OUA en mai 1994.

6 REMARQUES ET RECOMMANDATIONS DU NIGERIA


En ce qui concerne la formation et les opérations de maintien de la paix, et les limites de l’OUA dans le domaine de la résolution des conflits en Afrique, la position de Nigeria a été réitérée lors de la réunion récente des chefs de l’Etat Major de l’OUA. Ceci implique:
  • des unités spéciales dans les pays africains;

  • être equipé et financé par divers gouvernements africains; et

  • être disponible pour un déploiement rapide sous commandement de l’OUA et contrôle des opérations de maintien de la paix.
Pour être efficace, une telle force devra se concentrer sur:
  • adoption d’une doctrine commune et de critères d’entraînement communs;
  • s’assurer que l’équipement soit en état d’usage;
  • support logistique adéquat;
  • systèmes de communication et de commandement efficaces; et
  • services médicaux.
En ce qui concerne le problème omniprésent d’un support logistique adéquat pour les opérations de maintien de la paix, la politique du Nigeria est de fournir et appliquer une logistique et un plan de déploiement qui soit indépendant de celui fourni par l’état hôte. Les exceptions à ceci sont l’utilisation des installations portuaires et des terrains d’aviation.

Au début d’une mission, le Nigeria déploie ses propres unités sur le terrain. Ceci se fait par voie aérienne et maritime. Les unités vont d’abord dans des camps de transit d’où elles seront transportées vers la zone des opérations par voie routiere ou aérienne en fonction de la situation. Le Nigeria a ainsi déjà déployé avec succès de nombreuses troupes pendant son intervention au Liberia.

Le support logistique est un système intégré où chaque section a un rôle propre à jouer. L’entraînement est structuré de façon à répondre à certaines exigences des missions, ce qui pourrait demander l’envoi d’un détachement spécialisé en logistique comme par exemple une unité de transport. Le Nigeria a la capacité et l’expérience pour fournir son propre support logistique à ses contingents dans n’importe quelle mission de maintien de la paix dans le monde.

Le besoin de réduire la taille des forces armées du Nigeria ainsi que le besoin de moderniser l’équipement ont laissé une situation dans laquelle d’autres pays africains pourraient bénéficier de la formation acquise par l’armée du Nigeria. En conclusion, le Nigeria est dédié à trouver des solutions aux problèmes contemporains de maintien de la paix en Afrique.